

La fête de Noël s’est transformée en cauchemar dans les Hauts Plateaux de Kalehe, au Sud-Kivu. À Mbinga Sud, dans la chefferie de Buhavu, les chants et les réjouissances ont cédé la place aux tirs, à la panique et à l’exode forcé des populations civiles, principalement des femmes et des enfants.
Depuis l’aube, de nombreux habitants de Mbinga Sud ont été contraints d’abandonner leurs villages pour chercher refuge dans des zones jugées un peu plus sûres. Les mouvements de population se sont opérés dans plusieurs directions, souvent dans la confusion totale. « Nous avons fui sans rien emporter, seulement pour sauver nos vies », témoigne un habitant de Buchaku, encore sous le choc, illustrant l’ampleur de la crise sécuritaire dans cette partie des Hauts Plateaux de Kalehe.
Les localités de Buchaku, Lemera et plusieurs villages environnants ont vécu une journée marquée par une peur intense et une angoisse permanente. Les affrontements armés signalés dans la région ont paralysé toute activité. « On entendait les coups de feu, les enfants pleuraient, personne n’osait sortir », raconte une mère déplacée rencontrée sur un site de fortune, décrivant une population civile prise au piège.
Toutes les activités prévues à l’occasion de la fête de Noël ont été annulées. Églises fermées, marchés déserts, champs abandonnés : la vie s’est brutalement arrêtée. Un responsable communautaire déplore : « Même Noël n’a pas été respecté, la population a passé la journée cachée ou en fuite ». Cette paralysie accentue davantage la vulnérabilité économique et sociale des ménages déjà fragilisés.
Les femmes et les enfants paient le plus lourd tribut de cette insécurité persistante. Exposés au froid, à la faim et à l’incertitude, ils vivent dans des conditions précaires. « Les enfants ne comprennent pas pourquoi ils dorment dans la brousse au lieu de fêter Noël », confie une déplacée, la voix brisée, soulignant l’impact psychologique profond de ces violences armées à Kalehe.
Face à cette situation dramatique, la population locale lance un appel pressant à la fin des hostilités. Les habitants réclament le retour de la paix pour reprendre leurs activités champêtres, seule source de subsistance. « Nous voulons simplement cultiver nos champs et vivre en paix », insiste un notable de Mbinga Sud, résumant l’aspiration collective d’une communauté épuisée par l’insécurité chronique dans les Hauts Plateaux de Kalehe.
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