
En pleine guerre à l’Est et alors que l’économie congolaise demeure exsangue, un paradoxe intrigue économistes et observateurs : le franc congolais s’est récemment raffermi face au dollar, alors même que la production nationale reste faible et que la population subit une flambée des prix. Comment expliquer cette situation qui semble défier les lois du marché ?
Selon plusieurs analystes, la Banque centrale du Congo (BCC) joue un rôle majeur dans ce redressement apparent. En injectant massivement des devises sur le marché, grâce notamment à des appuis du FMI et aux revenus tirés des exportations de cuivre et de cobalt, l’institution parvient à contenir temporairement la chute du franc. Par ailleurs, la guerre et l’insécurité ont réduit les importations, ce qui entraîne une baisse de la demande en dollars. « Quand les ménages n’ont plus de moyens d’acheter à l’extérieur, la pression sur le marché des devises se relâche automatiquement », explique un économiste de Bukavu.
Cependant, cette stabilité apparente ne repose pas sur des bases solides. La dollarisation de l’économie congolaise reste très forte : les salaires, loyers et transactions de grande valeur continuent de s’effectuer en dollars. Les experts rappellent que sans une production locale accrue, notamment dans l’agriculture et l’industrie, le franc congolais ne peut pas se maintenir durablement. « C’est une illusion monétaire. Le jour où les réserves de la Banque centrale s’épuiseront, la monnaie rechutera brutalement », prévient un enseignant en sciences économiques à l’Université de Kinshasa.
Du côté des populations, le scepticisme domine. À Bukavu comme à Goma, beaucoup estiment que cette baisse du taux de change ne se reflète pas dans leur quotidien. Les prix des biens de consommation restent élevés, car ils dépendent non seulement du dollar mais aussi de l’insécurité, des coûts de transport et de la corruption. Pour certains commerçants, « même si le taux baisse, les grossistes maintiennent leurs prix, car ils ne croient pas à une stabilité durable ».
En définitive, le raffermissement du franc congolais ressemble davantage à une opération cosmétique qu’à un véritable redressement économique. Tant que la RDC ne développe pas sa capacité productive et ne sort pas de la dépendance aux devises étrangères, toute amélioration du taux de change restera fragile et temporaire. Pour les Congolais, la question demeure : s’agit-il d’un signe d’espoir ou simplement d’un mirage politique ?

À propos
Cette section met en lumière la mission et les valeurs de votre entreprise, offrant un aperçu concis de ses objectifs et de son but. Elle donne un aperçu de la vision qui guide vos décisions commerciales et votre orientation.

Météo : nuages à Kinshasa, forte chaleur à Lomé 34°C
De manière similaire, Kinshasa affichera un mélange de nuages et d’éclaircies avec de légères pluies possibles et des orages légers. Les températures seront élevées pour la saison, atteignant jusqu’à environ 33 °C en après-midi, avec des nuits restant chaudes autour de 24 °C, ce qui est caractéristique de…

CAN 2025 au Maroc : 7 845 passes réussies et 1 236 ratées
La Coupe d’Afrique des Nations 2025, disputée au Maroc, impressionne par la qualité technique des équipes, la rapidité du jeu et la précision dans les transmissions. Au-delà des buts, des corners ou des fautes, les passes réussies et ratées sont un indicateur clé de la maîtrise collective et…

Edito : La guerre efface-t-elle les responsabilités de l’État ?
La guerre est une épreuve pour une nation. Elle exige unité, sang-froid et détermination. Mais elle ne saurait devenir un alibi politique, encore moins un blanc-seing accordé au pouvoir pour échapper à toute reddition des comptes. Car si la République Démocratique du Congo fait face à la guerre dans sa partie…

CAN 2025 au Maroc : 712 coups francs sifflés jusqu’aux quarts
La Coupe d’Afrique des Nations 2025, actuellement disputée au Maroc, se distingue par son spectacle offensif, sa combativité et la tactique employée par chaque sélection. Au-delà des buts, des corners et des penalties, les coups francs sont un indicateur essentiel de l’intensité des confrontations et du contrôle du jeu. Jusqu’à la…

Dialogue national en RDC : Les émissaires angolais à Kinshasa ?
Kinshasa pourrait bientôt accueillir une délégation du gouvernement angolais. Selon une source proche de la présidence angolaise, cette visite s’inscrit dans le cadre des consultations préliminaires en vue d’un dialogue national en République démocratique du Congo (RDC), destiné à apaiser les tensions politiques qui traversent le pays. La…

Sanction CAF : Le Stade des Martyrs, symbole de la mauvaise gestion
Le football congolais subit un nouveau revers qui met en lumière l’incapacité chronique de Kinshasa à gérer efficacement ses infrastructures sportives. La Confédération africaine de football (CAF) a officiellement retiré l’autorisation exceptionnelle permettant au Stade des Martyrs de la Pentecôte d’accueillir des compétitions continentales, un privilège accordé provisoirement…

CAN 2025 au Maroc : 1 382 remises en touche jusqu’aux quarts
La Coupe d’Afrique des Nations 2025, actuellement disputée au Maroc, se distingue par son intensité, son spectacle offensif et la rigueur tactique déployée par chaque équipe. Au-delà des buts, des corners et des penalties, les remises en touche sont un indicateur clé de la bataille pour le contrôle du ballon et…

Kinshasa : SMIG augmenté, mais zéro création d’emplois
À peine six mois après la signature du décret réajustant le Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG), le gouvernement de Kinshasa, sous la houlette de la Première ministre Judith Suminwa, se targue de vouloir « appliquer harmonieusement » cette mesure, alors qu’aucune création réelle d’emplois n’a été effectuée pour…

CAN 2025 : 254 cartons jaunes et 12 rouges jusqu’aux quarts
La Coupe d’Afrique des Nations 2025, qui se déroule au Maroc, n’est pas seulement un festival offensif avec près de 119 buts inscrits jusqu’ici ; elle se caractérise aussi par son intensité physique et ses confrontations souvent acharnées. Jusqu’à la fin des quarts de finale, les arbitres ont sanctionné 254 fautes disciplinaires sous…

Dialogue national ou chasse aux opposants ? Le double jeu de Kinshasa
Le théâtre politique congolais prend des allures de farce tragique. Alors que Kinshasa affiche à la face du monde son désir affiché de dialogue national, la réalité sur le terrain trahit une logique tout autre : celle de la répression et de l’intimidation. Vendredi dernier, le professeur Pascal…
About The Author
En savoir plus sur L'ESSENTIEL RDC
Subscribe to get the latest posts sent to your email.









