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Nous avons aujourd’hui voulu traiter un sujet délicat: la mort. A l’observation autour de nous , hormis les zones de conflit, nous constaterons que les cimetières se remplissent plus par des morts par maladie contrairement à autrefois où on voyait plus de morts naturelles  et généralement des personnes très âgées.  La question de savoir pourquoi la mort par maladie semble « supplanter » la mort naturelle est complexe. Car   elle touche à la fois à notre perception culturelle de la mort et à la réalité biologique. En fait, la mort « naturelle » est devenue une rareté, largement remplacée par des décès liés à des maladies, même chez les personnes âgées.

La mort « naturelle » : un concept idéalisé

La mort « naturelle » est souvent imaginée comme un arrêt progressif et paisible des fonctions vitales, sans cause externe évidente, survenant à un âge très avancé. C’est ce  contexte que  nous retrouvons dans la fable de Jean  de la Fontaine : « Le laboureur » qui énonce « un laboureur sentant sa mort prochaine , fit venir ses enfants … ». Et cela décrit bien ce qui se passait autrefois , même à Kinshasa où on a grandi. Quand un vieillard sentait venir sa mort ,car il en avait des flashes ,dans ses rêves ou visions ,  même si son corps était apparemment indemne. Il cherchait alors à parler à certaines personnes particulières pour passer des messages.  Le terme « décès inopiné » ne devint  répétitif , qu’à partir d’une certaine époque, difficile à dater . Et c’est là que faute de statistiques, on prit conscience de l’escalade de la mort dans notre environnement. Mais ,on ne peut en déduire aucune conclusion de causalité ou d’effet du fait que les moyens de diffusion  d’informations pour grand public étaient alléatoires et allaient s’ améliorer seulement à l’époque du Zaïre. Notre observation partira donc de cette époque jusqu’à ce jour. 

Ne disposant pas de téléphone, mais de télégramme et de  phonie, la plupart des gens utilisaient depuis l’époque coloniale ce canal plus rapide par rapport à une correspondance de la poste bien fastidieuse . Mais un autre service, celui de « bouche à oreille » était réellement le plus utilisé par les populations. Pour ce service,  le terrain idéal était soit le marché central quand les dames faisaient leurs courses, soit quand les gens allaient attendre les arrivées des bateaux  venant  des provinces au port de l’Onatra pour se ravitailler et y collecter des infos des familles restées au village. C’était généralement le samedi . Certes ,on avait la radio de faible diffusion .Elle s’améliorera après, à l’époque du Zaïre et on aura la télévision d’abord en noir et blanc et  bien tard   en couleurs . Les programmes de  radio désormais améliorées avec une tehnologie à longue portée atteignant la plupart des provinces   comprenaient notamment une rubrique nécrologique souvent diffusée vers 13h .C’est là que nous apprenions les cas de  décès car très peu de gens lisaient les journaux hormis les fonctionnaires de l’Etat.      

  Cependant ,  dans nos quartiers , il était vraiment rare de voir  la mort d’un jeune. Le sytème de santé publique n’était pas spécialement développé, mais au constat, la mort frappait moins .  Si bien que tous , on avait grandi ensemble ,ou séparément à un moment donné, jusqu’à l’âge adulte. 

   Dans l’imaginaire collectif, la mort naturelle  est l’achèvement d’une longue vie. La vie était donc dite longue !  Cependant, du point de vue médical, la mort est toujours le résultat d’un processus biologique spécifique.  Car faute d’examen ou de suivi médical , encore moins d’autopsie vu qu’il n’y a pas de suspicion criminelle , il est des facteurs qu’on ignorait de ce  défunt. Il se pouvait qu’il y ait eu des défaillances ayant  conduit au décès!…  Le cœur ne s’arrête pas de battre simplement parce que la personne est vieille. Mais plutôt à cause d’une défaillance, souvent liée à une maladie cardiovasculaire trop souvent ignorée . De même, les poumons ne cessent pas de fonctionner sans raison ; c’est généralement le résultat d’une pneumonie ou d’une insuffisance respiratoire. L’obsolecence du corps humain , seul son Créateur en connaît l ‘échéance! 

Alors que dans  certains  pays nantis , comme en France, il existe une sécurité sociale  sous certaines conditions, la plupart de gens qui en bénéficient disposent d’un médecin traitant . C’est celui qui a remplacé le médecin de famille d’autrefois. Les cas sont donc suivis . et l’on peut ainsi diagnostiquer précocement une défaillance ou ou déficience depuis la naissance. Dans notre enfance , il y avait juste le carnet de vaccination mais pas un livret médical ni médecin traitant. D’où la maladie surprenait toujours. Les seuls cas récurrents étaient la verminose ou la  malaria.  

L’impact des maladies sur l’espérance de vie

Avec les progrès de la médecine et l’amélioration des conditions de vie, nous avons considérablement augmenté notre espérance de vie. Les maladies infectieuses, autrefois causes majeures de décès, sont aujourd’hui mieux contrôlées grâce aux vaccins et aux antibiotiques. En conséquence, les gens  des pays nantis sauf exception,  vivent généralement plus longtemps  que ceux du sud. Et ils  sont plus susceptibles de développer des maladies chroniques liées à l’âge, comme le cancer, les maladies cardiovasculaires, la maladie d’Alzheimer, ou les accidents vasculaires cérébraux. . Ces pathologies sont devenues les principales causes de mortalité dans les pays développés. Mais , à ces causes, il faudrait ajouter des maladies provoquées par des travaux dits pénibles. Comme c’est souvent le  cas des travailleurs des bâtiments ou d’usine  et de  la  classe moyenne  dans ces pays développés. Au sud , au contraire, les gens qui sont restés au village s’usaient  moins autrefois avant qu’ils ne prennent des habitudes des villes avec une mauvaise alimentation,  la consommation de l’alcool et d’autres  abus.  Ils pouvaient librement disposer de leurs horaires de travail contrairement à ceux des villes généralement salariés et astreints à une vie plus stressée.   

La perception culturelle de la mort

La mort due à une maladie est souvent perçue comme un combat, une lutte contre un adversaire (la maladie), alors que la mort naturelle est vue comme une acceptation, un déclin inévitable. Cette perception est renforcée par les médias et la culture populaire, qui mettent souvent en scène des décès spectaculaires liés à des maladies graves, comme le cancer ou les crises cardiaques. Ce n’est pas que la mort naturelle ait  disparu, mais plutôt que la mort par maladie a acquis une plus grande visibilité et une charge émotionnelle plus forte. En fin de compte, la distinction entre les deux est souvent floue, car la vieillesse elle-même est un facteur de risque pour de nombreuses maladies.

Quelques données  statistiques 

Le fait que la mort par maladie semble « supplanter » la mort naturelle s’explique par une évolution historique et statistique de la mortalité. Grâce aux progrès de la médecine et aux améliorations de l’hygiène, les causes de décès ont radicalement changé au cours du XXe siècle. Les maladies chroniques ont remplacé les maladies infectieuses comme principales causes de mortalité.

Une transition épidémiologique

Au début du XXe siècle, dans les pays industrialisés, les principales causes de décès étaient les maladies infectieuses et parasitaires (tuberculose, pneumonie, grippe, etc.), en particulier chez les enfants et les jeunes adultes. L’espérance de vie était alors nettement plus basse.

  • Période pré-XXe siècle : La majorité des décès survenaient à des âges précoces, principalement à cause des maladies infectieuses, des famines et des guerres.
  • XXe et XXIe siècles : L’accès aux vaccins, aux antibiotiques et l’amélioration des conditions sanitaires ont permis de réduire drastiquement la mortalité due à ces maladies. En conséquence, l’espérance de vie a bondi, et la majorité des décès se concentrent désormais aux grands âges.

Les statistiques comme preuve

  • À l’échelle mondiale : Selon l’OMS, en 2021, sept des dix principales causes de décès dans le monde étaient des maladies non transmissibles (maladies chroniques). Les maladies cardiovasculaires, les cancers, les maladies respiratoires chroniques et le diabète sont en tête de liste.
  • En France : En 2022, les tumeurs (cancers) étaient la première cause de décès, responsables d’environ 25,5%des décès. Les maladies cardiovasculaires venaient en deuxième position, représentant 20,8% des décès. Ensemble, ces deux catégories de maladies sont responsables de près de la moitié des décès en France. . En revanche, la part des décès par maladies infectieuses est devenue très minoritaire, à l’exception de périodes de pandémie comme celle de la COVID-19.

Ces chiffres montrent que même si la mort survient à un âge avancé, elle est presque toujours attribuée à une cause médicale précise, c’est-à-dire une maladie. La notion de « mort naturelle », sans cause pathologique identifiable, est donc statistiquement très rare.


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