0 7 minutes 6 mois

En République Démocratique du Congo, l’Assemblée nationale est censée être le cœur battant de la démocratie, le lieu où les aspirations du peuple convergent et se transforment en lois. Mais ces dernières années, un sentiment de déconnexion grandissant s’est installé. Alors que le quotidien des Congolais est marqué par l’insécurité, l’inflation galopante et les infrastructures délabrées, la représentation nationale semble être ailleurs.

Les débats publics, souvent polarisés par des enjeux politiques sans lien avec les préoccupations réelles de la population, occultent l’urgence sociale. Les sessions parlementaires se succèdent sans qu’une réponse concrète ne soit apportée aux crises qui minent le pays. On observe un silence assourdissant face à la persistance des violences dans l’Est, un manque de volonté pour réformer un système éducatif à la dérive ou pour s’attaquer de front à la corruption qui gangrène l’administration.

Cette inertie législative et cette apparente indifférence ont érodé la confiance du public. L’Assemblée nationale, qui devrait incarner la voix des sans-voix, est de plus en plus perçue comme un club fermé où les intérêts personnels et partisans priment sur le bien commun. La fracture entre les élus et leurs électeurs ne cesse de s’élargir, laissant le peuple congolais avec le sentiment d’être abandonné par ceux qu’il a pourtant choisis pour le représenter.

D’où la question que chacun se pose : à quoi sert -il d’entretenir une Assemblée et ses composantes  si elle  ne sert à rien ? 

Quand le peuple pleure ,les dits « honorables » députés jubilent et réclament sans vergogne toujours plus d’argent, plus de privilèges ! 

L’Assemblée nationale est finalement devenue un pis aller . C’est désormais à notre désarroi une caisse de résonance des partis politiques prétendument  majoritaires quand on sait que la fraude est passée par là. 

Aussi la jeunesse se prend elle  à  rêver à devenir député national . « Chance eloko pamba »! 

  Et cela non pas   comme d’un digne mandat à court terme au service du peuple ,mais d’une carrière -à- vie- à -l’immunité  de tous soucis financier!

Et cette ambition fonctionnariale a tellement pris que désormais, député ne suffit plus ,il faut être sénateur pour continuer à saigner la république !

Voilà pourquoi chez nous on en est arrivé à parler du statut spécial de « sénateur à vie » attribué d’office à tout ancien chef d’Etat!

C’est à l’examen ni  plus ni moins une surenchère ! Non pour l’inviter à participer aux questions de l’Etat ,même hors mandat, mais  pour lui donner plus qu’une sécurité financière! Un chapeau au-dessus du chapeau ! 

Le peuple n’a jamais été consulté pour cette question . Grâce à l’Assemblée partisane, c’est passé et acté comme une lettre à la poste! Vive la République! 

 Comme nous le savons , habitués des républiques bananières,  l’argent appelle l’argent  et  on ne prête qu’aux riches … ! 

Sans pince rire, allons donc  sécuriser une personne qui s’est déjà bien sécurisée! Et au peuple , la galère! 

Ne demandez donc pas à quel travail ou  à quelles consultations devrait s’astreindre cet ancien élu pour mériter jusqu’à son décès ses privilèges . 

En voilà une autre facette de l’oeuvre des députés et sénateurs à la solde du pouvoir ! Et ils voudraient que ça continue!

Tout revient à dire que cette Assemblée nationale ainsi déboussolée,   a perdu sa mission de pilier législatif . C’est bien plus qu’un amphithéâtre  du système , c’est la gangrène même , hélas ! 

A quoi donc sert-elle encore, sinon à pérenniser la misère du peuple? À bloquer le développement du pays? !

Franchement , si l’aveugle sait qu’il ne peut utiliser ses yeux pour voir, il est bien pire celui qui a ses yeux et refuse de voir !

Nos députés d’aujourd’hui ont vite oublié qu’ils étaient des élus du peuple. 

 L’orgueil et la folie des grandeurs  ont  pris  le dessus . Et depuis ,« honorable » est  devenue  une étiquette du pouvoir – de- député que l’on brandit partout sauf pour les intérêts du peuple !  Or s’il se prend pour le pic de la mirandole il n’ y a plus match ! Aussi ,exigent-ils à tout interlocuteur  sinon  au peuple qu’on  fasse précéder leur nom de ce titre flatteur d’« honorable » X…

Et les gens bien naïfs , s’y soumettent comme si par ce protocole désuet leurs  paroles et leurs  promesses  allaient apporter  des solutions !Nous vivons en pleine arnaque où le souverain premier est dépossédé de son pouvoir  et ce par des gens au verbe haut mais au geste bas .  Il sont toujours  bien  fringués, repus,   bien loin des attentes du peuple qu’ils ne souffrent plus la moindre contradiction ou prise à partie sur leur moralité.  A cela vous les entendrez d’office vociférer  et tambouriner : retirez! Retirez!      

Ne soyez donc plus étonnés de leurs prises de position entre auguste assemblée où les intérêts sont plus ventriloques que ceux du peuple qui les a élus!

Quelle ironie!

À propos

Cette section met en lumière la mission et les valeurs de votre entreprise, offrant un aperçu concis de ses objectifs et de son but. Elle donne un aperçu de la vision qui guide vos décisions commerciales et votre orientation.


  • Liberté de la presse : Journalistes, aucun reportage ne vaut la vie

    En période de conflit ou d’insécurité, les journalistes sont les premiers responsables de leur propre sécurité, bien avant que leur corporation ou leurs confrères ne puissent intervenir. C’est ce qu’a souligné Darius Kitoka, président de l’Union nationale de la Presse (UNPC) du Sud-Kivu, lors d’une interview accordée le…

  • Edito : Écouter, dialoguer, réconcilier, servir !

    Gouverner, ce n’est pas seulement décider. C’est d’abord écouter. Dans toute société, et plus encore en République démocratique du Congo, la qualité du lien entre l’État et les citoyens détermine le niveau de stabilité, de confiance et de paix. Lorsque ce lien se fragilise, les incompréhensions s’accumulent, les…

  • Comment rapprocher l’État des citoyens pour prévenir les conflits

    En République démocratique du Congo, la question du rapprochement entre l’État et les citoyens n’est pas théorique : elle est existentielle. Des décennies de crises politiques, de conflits armés, de gouvernance défaillante et d’inégalités territoriales ont profondément fragilisé le lien de confiance entre l’autorité publique et la population.…

  • La Bible

    Un message essentiel : Fais confiance en Dieu !

    Frères et sœurs, le Psaume 139 nous révèle un Dieu qui connaît profondément chacun de ses enfants. « Quand je n’étais qu’une masse informe, tes yeux me voyaient », dit le psalmiste. Avant même notre naissance, avant nos choix, avant nos combats, Dieu avait déjà posé son regard…

  • Recensement en France : Polémique sur le lieu de naissance des parents

    Le recensement de la population française débute jeudi 15 janvier, organisé par l’Insee, et touche 8 000 communes, hors Mayotte. Mais cette édition 2026 est marquée par une controverse : la question sur le lieu de naissance des parents, introduite en 2025, fait débat. Certaines ONG et syndicats…

  • Près de 390 millions de chrétiens persécutés en 2025

    En 2025, plus d’un chrétien sur sept soit plus de 388 millions de personnes a été confronté à des persécutions ou à des discriminations en raison de sa foi, révèle le dernier rapport annuel de l’ONG Portes ouvertes, publié ce mercredi 14 janvier. Spécialisée dans la protection des…

  • États-Unis : gel des visas permanents pour 75 pays

    Les États-Unis ont annoncé, mercredi 14 janvier, une décision majeure en matière de politique migratoire : le gel de l’ensemble des procédures de visas d’immigrant pour 75 pays. Cette mesure s’inscrit dans la vaste offensive contre l’immigration engagée par Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche.…

  • Economie : Les cours du pétrole dégringolent de 3%

    Les marchés pétroliers ont connu un net retournement ce jeudi 15 janvier, marqué par une baisse supérieure à 3 % des cours de l’or noir. Ce repli intervient à la suite de déclarations du président américain Donald Trump, qui a affirmé que les violences en Iran avaient cessé,…

  • Edito : Maroc–Sénégal, une finale des Lions pour l’histoire

    Il y a des matchs qui dépassent le cadre du sport. Des rendez-vous où le ballon devient symbole, où quatre-vingt-dix minutes ou plus condensent des années d’attente, de travail, de rêves collectifs. Maroc–Sénégal, finale de la CAN 2025, appartient à cette catégorie rare. Ce n’est pas seulement une…

  • CAN 2025 : le Maroc rejoint le Sénégal en finale

    Le rendez-vous tant espéré aura bien lieu. Dans la nuit de Rabat, le Maroc a validé son billet pour la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025, en venant à bout d’un Nigeria accrocheur au terme d’un combat haletant, conclu aux tirs au but (0-0, 4-2 TAB).…

About The Author


En savoir plus sur L'ESSENTIEL RDC

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *