
La mission des humanitaires en République démocratique du Congo est aujourd’hui plus que jamais menacée. Ce mardi lors de la Journée mondiale de l’aide humanitaire célébrée au centre Mgr Mulindwa de l’Université Catholique de Bukavu, les humanitaires ont peint un tableau sombre. 296 incidents de sécurité visant des travailleurs humanitaires ont été enregistrés au premier semestre 2025.
Dans plusieurs localités du Sud-Kivu, les humanitaires sont parfois contraints de suspendre leurs déplacements après des embuscades sur les routes. À Kalehe, par exemple, une équipe a récemment dû interrompre une distribution alimentaire après des menaces directes d’hommes armés.
« Chaque mission est un risque. Nous travaillons dans la peur, mais nous continuons parce que les besoins sont énormes », témoigne Daniel Ahuka, chef du sous-bureau OCHA Sud-Kivu et Maniema.
Cette insécurité pèse lourdement sur les communautés vulnérables.
Marie Ambika, déplacée de Bunyakiri avec ses trois enfants, raconte : « Nous attendions la distribution depuis deux semaines. Mais on nous a dit que les humanitaires ne pouvaient plus venir à cause de l’insécurité. Mes enfants dorment parfois sans manger ».
Ces retards ou annulations compromettent l’accès à la nourriture, aux soins et à l’eau potable pour des milliers de familles déplacées.
À ces défis sécuritaires s’ajoute une crise financière dramatique. Fin juillet, seuls 13,6 % des besoins humanitaires étaient couverts, soit 344,9 millions de dollars mobilisés. C’est trois fois moins qu’en 2024, où 964 millions avaient été déjà levés à la même période.
Pour des ONG locales, la situation devient intenable. Certaines ont suspendu leurs cliniques mobiles faute de financement. Pourtant, les malades sont de plus en plus nombreux.
Le climat est également miné par la désinformation. Des rumeurs accusent parfois les ONG « d’enrichir leurs propres équipes » ou « de soutenir certains groupes armés ».
« Dans certains villages, on nous ferme les portes. Même des autorités locales alimentent cette méfiance », déplore un responsable d’ONG locale sous anonymat.
Face à ces menaces, les organisations humanitaires lancent une campagne baptisée « Agir Pour l’Humanité ». Elles appellent les décideurs à renforcer la protection des humanitaires et des civils , respecter le droit international humanitaire et financer les lignes de vie essentielles.
Dans un pays où plus de 25 millions de personnes ont besoin d’assistance, la survie de millions de Congolais dépend désormais d’une solidarité internationale urgente et concrète.
Cet article a été produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali », un projet du consortium RATECO, REMEL avec le soutien de Media4Dialogue de La Benevolencija.

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