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Bukavu, 18 mars 2026 – Dans un mémorandum adressé au président Félix Tshisekedi ainsi qu’au Sénat, des organisations de la société civile du Sud-Kivu tirent la sonnette d’alarme face à ce qu’elles qualifient de « harcèlement politique » visant l’honorable Modeste Bahati Lukwebo.

Doublement élu député national pour Bukavu et sénateur, Modeste Bahati Lukwebo se retrouve au centre d’une controverse depuis sa conférence de presse du 4 mars 2026. Lors de cette sortie médiatique, il avait notamment évoqué la question sensible de la révision constitutionnelle. Une prise de position qui, selon les signataires du mémorandum, aurait déclenché une série de pressions et d’intimidations à son encontre.

Les forces vives du Sud-Kivu articulent leur alerte autour de trois préoccupations majeures.

D’abord, elles dénoncent une contradiction flagrante avec les principes garantis par la Constitution et les instruments internationaux relatifs à la liberté d’opinion. Pour elles, aucun élu ne devrait être inquiété ni perdre son mandat en raison de ses positions politiques.

Ensuite, elles pointent une confusion entretenue, notamment sur les réseaux sociaux, où circulent des accusations jugées infondées. Parmi celles-ci figurent des allégations d’allégeance à des intérêts étrangers, des amalgames avec le mouvement rebelle M23, ainsi que des soupçons liés au dossier Bralima. Les organisations rejettent ces accusations, rappelant que Bahati est un opérateur économique actif depuis plusieurs décennies. Elles dénoncent à ce titre une « chasse à l’homme » visant non seulement sa personne, mais également certains leaders du Sud-Kivu et la communauté swahiliphone.

Enfin, les signataires adressent une mise en garde au Sénat, qualifié de « Baraza la Wazee » (Conseil des sages), l’exhortant à faire preuve de retenue. Ils appellent à ce que toute procédure éventuelle respecte scrupuleusement le règlement intérieur de la chambre haute ainsi que les lois en vigueur. Ils mettent également en garde contre toute instrumentalisation de la justice à des fins politiques.

Au-delà du cas de Modeste Bahati Lukwebo, la société civile estime que l’enjeu est plus large. Dans un contexte national marqué par des tensions persistantes, elle plaide pour la préservation de la stabilité institutionnelle et met en garde contre les risques de fractures régionales susceptibles d’aggraver la situation.

Un appel à la responsabilité et à la sagesse des institutions, afin de privilégier le dialogue et d’éviter que les divergences politiques ne dégénèrent en crises profondes.

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