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A Nyabibwe, dans le territoire de Kalehe, les femmes et jeunes filles déplacées de guerre font face à d’importantes difficultés d’accès aux produits d’hygiène et aux infrastructures sanitaires. Des conditions qui rendent difficile le respect des règles élémentaires d’hygiène.

A cette difficulté s’ajoute le manque d’eau potable, devenu un problème majeur dans cette partie du territoire de Kalehe. Les déplacées, qui ont fui leurs milieux d’origine en abandonnant la plupart de leurs biens, disposent de moyens limités pour répondre à leurs besoins essentiels. L’insuffisance des douches et des latrines propres et adaptées vient également aggraver la situation.

Selon les témoignages recueillis, ces conditions exposent les femmes et jeunes filles à différents risques sanitaires.

Face à cette situation, des organisations féminines de Bukavu appellent les acteurs humanitaires à accorder une attention particulière à la santé et à l’hygiène des femmes et jeunes filles déplacées.

Mme Solange Lwashiga, coordonnatrice du Cocus des femmes du Sud-Kivu, estime que la santé sexuelle et reproductive des femmes déplacées doit être considérée comme une priorité dans les interventions d’urgence.

Elle recommande notamment l’accès à une eau propre, voire désinfectée lorsque cela est nécessaire et approprié, ainsi qu’une bonne hygiène corporelle et des pratiques sexuelles responsables et protégées.

« C’est une grande situation de vulnérabilité que subissent ces femmes et jeunes filles déplacées dans ce contexte où l’accès aux soins de santé et à l’aide humanitaire ne sont pas effectifs. C’est avec amertume que nous constatons leurs vécus avec un accès limité aux ressources d’auto-prise en charge, une situation qui les plonge dans des risques élevés de vagabondage sexuel pour rechercher la survie », regrette Solange Lwashiga.

Elle appelle ainsi les femmes concernées à la prudence afin de préserver leur dignité et leur santé, particulièrement dans un contexte où l’accès aux soins demeure limité.

De son côté, Nelly Adidja, chargée des programmes au sein de l’Association des femmes des médias, sollicite l’implication des organisations œuvrant dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive. Elle plaide notamment pour la mise en place d’installations sanitaires adaptées aux besoins spécifiques des femmes et jeunes filles déplacées, afin de leur permettre d’accéder rapidement aux services essentiels d’hygiène et de santé.

« La situation des femmes et filles déplacées de guerre reste alarmante et impose une urgence, surtout pour les organisations qui interviennent dans le domaine du WASH. Qu’elles accordent une attention particulière aux sites et camps de déplacés de guerre, surtout en eau potable, et qu’elles leur garantissent des kits d’hygiène et de dignité », martèle Nelly Adidja.

Au-delà de la distribution de kits, les organisations féminines recommandent également l’organisation de séances de sensibilisation et d’information au profit des femmes et jeunes filles déplacées. Ces séances devraient notamment porter sur l’utilisation correcte des kits d’hygiène corporelle et intime, ainsi que sur les bonnes pratiques permettant de réduire les risques d’infection.

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