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Entre jus importés très sucrés, boissons gazeuses et alcools fortement dosés, les habitudes de consommation évoluent en RDC, notamment chez les jeunes. Derrière leur accessibilité et leur popularité se cachent pourtant des risques pour la santé. Face à cette tendance, les spécialistes recommandent de réduire les produits ultra-transformés et de privilégier une alimentation diversifiée, à base notamment de produits locaux sûrs et de qualité.

Dans les rues, les boutiques, les marchés et même autour des établissements scolaires, les boissons gazeuses et les jus conditionnés occupent une place importante dans les habitudes de consommation. Leur goût sucré, leur disponibilité et leur présentation attractive séduisent particulièrement les jeunes. Mais consommés régulièrement et en grande quantité, ces produits peuvent contribuer à un apport excessif en sucres.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) souligne que les boissons sucrées participent aux risques liés au surpoids, à l’obésité, au diabète et aux maladies cardiovasculaires. Elle rappelle également que les sucres libres constituent un facteur important de carie dentaire.

Le problème ne réside donc pas dans le fait de boire occasionnellement une boisson gazeuse, mais dans l’excès et la répétition. Lorsqu’une personne remplace régulièrement l’eau ou des boissons peu sucrées par des produits riches en sucres, elle peut augmenter fortement son apport énergétique sans forcément ressentir une véritable satiété. À long terme, cette habitude peut favoriser une prise de poids et contribuer à une alimentation déséquilibrée. Pour l’OMS, une alimentation saine doit reposer sur la suffisance, l’équilibre, la modération et la diversité.

Une autre préoccupation concerne les boissons fortement alcoolisées, notamment celles produites ou commercialisées dans des conditions qui ne garantissent pas leur qualité sanitaire. Dans le langage courant, elles sont parfois qualifiées de « boissons frelatées ». Il faut toutefois distinguer deux problèmes : les risques liés à l’alcool lui-même et ceux qui peuvent être associés à une fabrication ou une composition non contrôlée.

L’OMS indique que l’alcool est associé à plus de 200 maladies, traumatismes et autres problèmes de santé. Il augmente notamment les risques de maladies du foie, de maladies cardiovasculaires, de troubles liés à la consommation d’alcool et de plusieurs cancers.

Les conséquences dépassent également le cadre strictement médical. Une consommation excessive d’alcool peut affecter la vie familiale, le travail, les études et les relations sociales. Elle peut aussi favoriser certains comportements dangereux et augmenter le risque d’accidents et de traumatismes.

L’OMS rappelle que les dommages liés à l’alcool touchent non seulement les consommateurs, mais également les familles et les communautés. Dans ce contexte, la sensibilisation des jeunes apparaît comme un enjeu majeur de santé publique.

Face à ces risques, la question du made in Congo mérite d’être posée sous l’angle de la santé, mais aussi de l’économie. Fruits, légumes, légumineuses, céréales, poissons et autres produits disponibles localement peuvent contribuer à une alimentation diversifiée lorsqu’ils sont produits, conservés et préparés dans de bonnes conditions. L’objectif ne doit pas être de considérer automatiquement tout produit local comme sain et tout produit importé comme mauvais. La qualité nutritionnelle et la sécurité sanitaire doivent rester les principaux critères de choix.

La limitation des aliments ultra-transformés constitue également une piste importante. Ces produits sont souvent conçus pour être pratiques, attractifs et faciles à conserver. Certains sont toutefois riches en sucres, en sel ou en mauvaises graisses. L’OMS recommande de privilégier les aliments peu transformés ou non transformés et de limiter les produits ultra-transformés lorsque ceux-ci occupent une place excessive dans l’alimentation. La FAO relève par ailleurs la progression des aliments ultra-transformés en Afrique et leurs implications croissantes pour la santé, l’économie et les systèmes alimentaires.

Pour la RDC, promouvoir les produits locaux ne signifie donc pas simplement encourager l’achat d’un produit parce qu’il est fabriqué au pays. Il s’agit aussi de renforcer les chaînes de production, l’hygiène alimentaire, la transformation, l’emballage, la conservation et le contrôle de qualité. Un jus produit localement avec des fruits de qualité, peu ou pas de sucres ajoutés et dans des conditions sanitaires rigoureuses peut constituer une alternative intéressante. Mais il doit répondre à des exigences de sécurité et d’information du consommateur. Le même principe vaut pour les autres produits alimentaires.

Le changement commence enfin par des choix simples : boire davantage d’eau, réduire la fréquence des boissons très sucrées, éviter l’abus d’alcool, diversifier son alimentation et donner davantage de place aux produits locaux sûrs. Pour les pouvoirs publics, les producteurs et les médias, l’enjeu est aussi d’informer sans culpabiliser.

La santé publique passe par une meilleure connaissance des risques et par un environnement qui facilite les choix sains. En RDC, le défi est donc double : protéger les consommateurs contre les excès alimentaires et valoriser une production locale capable de nourrir la population tout en créant des emplois.

Cet article est-il produit dans le cadre de la campagne de sensibilisation MALISHO BORA SHULENI…

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