
Les sinistrés de la catastrophe naturelle de Bushushu et Nyamukubi, survenue le 4 mai 2023 dans le territoire de Kalehe, vivent toujours dans des conditions humanitaires alarmantes. Installées notamment à Katashola, Mushonezo, Lwako, Kasirisiru et dans les camps Amani à Cabondo, plusieurs familles font face au manque de nourriture, à la pénurie d’eau potable et aux maladies liées à la destruction des cultures.
Selon Rushisha Crispin, acteur communautaire local, les femmes, les enfants, les personnes âgées et les personnes vivant avec handicap sont les plus vulnérables. Pour accéder à l’eau, ces habitants parcourent de longues distances jusqu’aux rivières, au risque de contracter des maladies hydriques.
« Les femmes, les enfants, les personnes âgées et les personnes vivant avec handicap s’exposent à de nombreux dangers lorsqu’ils vont chercher de l’eau dans les rivières pour la cuisson et les bains. Cette eau est pourtant contaminée. La pénurie alimentaire expose aussi la population à plusieurs maladies, notamment l’anémie, le choléra, la malnutrition et le paludisme », alerte-t-il.
Le chef du sous-village de Bushushu, Polepole Mulengebyuma Paul, confirme cette situation et appelle à une intervention urgente des autorités et des organisations humanitaires. Il indique que les cultures de haricots, maïs, manioc, bananiers et arbres fruitiers ont été fortement touchées, aggravant les cas de malnutrition.
« La population de Bushushu mène une vie de misère marquée par la famine. Une aide en vivres et en semences de bonne qualité serait une priorité pour cette population », plaide le chef du sous-village.
À Katashola, une mère de sept enfants témoigne d’une situation dramatique. Sous couvert d’anonymat, elle affirme que plusieurs familles vivent désormais sous la menace de la faim.
« Nous sommes sur le point de mourir de faim à Katashola. Je suis mère de sept enfants. Nos enfants souffrent de malnutrition et risquent de perdre la vie. Nous demandons aux autorités et aux organisations humanitaires de nous venir en aide. Certains enfants s’évanouissent déjà à cause de la faim », témoigne-t-elle.
Les sinistrés de Bushushu et Nyamukubi lancent ainsi un appel aux humanitaires pour une assistance urgente en vivres, en biens essentiels et en intrants agricoles afin de permettre aux familles touchées de retrouver des moyens de subsistance.
