0 4 minutes 11 minutes

Dans les territoires de Walungu et Kabare, les personnes vivant avec le Diabète et affectées par les déplacements forcés traversent une situation critique. Entre la pénurie de médicaments, l’accès difficile à l’insuline et le manque de nourriture adaptée, ces malades figurent parmi les plus vulnérables de la crise humanitaire qui secoue la province.

Dans le centre de Walungu, plusieurs déplacés atteints de diabètes  témoignent de leur incapacité à accéder régulièrement aux traitements indispensables à leur survie. L’insuline, produit vital pour de nombreux patients, est devenue rare et coûteuse.

Certains malades affirment ne survivre que grâce aux contributions occasionnelles de membres de leurs familles ou de connaissances, une solidarité devenue insuffisante face à l’ampleur des besoins.

« Nous sommes obligés de cotiser entre proches pour acheter l’insuline, mais cela ne suffit pas toujours », confie un patient déplacé.

A cette difficulté s’ajoute un autre défi majeur : l’alimentation. Les personnes diabétiques ont besoin d’un régime spécifique, difficile à respecter dans un contexte où même l’accès à la nourriture de base reste précaire.

Des structures de soutien insuffisantes

Au Centre de santé de Rukwende, l’Infirmier Titulaire Juvenal Cirhuza Baguma explique que certains mécanismes communautaires existent, notamment des clubs de diabétiques qui facilitent l’accès aux médicaments pour leurs membres.

Cependant, ces initiatives restent limitées : « Plusieurs patients ne sont pas intégrés dans ces clubs, soit par manque d’information, soit par incapacité de cotiser. Cela les prive d’un soutien essentiel ».

Cette exclusion accentue les inégalités dans l’accès aux soins et expose davantage les malades les plus pauvres.

Une mortalité en hausse à Kabare

Dans la zone de santé de Miti-Murhesa, la situation prend une tournure dramatique. Selon le président de diabétiques du centre de santé Saint Pie X de Murhesa. M. Bashwira Mwerwe Stanislas, le nombre de décès liés au diabète a fortement augmenté depuis le début des conflits.

Avant la dégradation sécuritaire, 106 patients étaient suivis régulièrement. Aujourd’hui, seuls 64 sont encore en vie.

« Nous avons perdu plusieurs membres à cause du manque de médicaments et d’une alimentation adaptée », déplore-t-il.

Pour faire face, certains malades recourent à des crédits qu’ils ne peuvent rembourser, aggravant leur précarité économique et sociale.

Une double vulnérabilité ignorée

Les déplacés souffrant de diabètes subissent une double vulnérabilité : celle liée à leur état de santé chronique et celle liée à leur statut de déplacé. L’interruption des chaînes d’approvisionnement en médicaments, l’insécurité et la pauvreté généralisée compliquent davantage leur prise en charge.

Les structures sanitaires, elles-mêmes fragilisées, peinent à répondre efficacement à cette demande croissante.

Les acteurs sanitaires et communautaires appellent à une mobilisation urgente des partenaires humanitaires. Ils recommandent notamment : l’approvisionnement régulier en médicaments antidiabétiques, en particulier l’insuline, la mise en place de programmes nutritionnels adaptés aux personnes diabétiques, le renforcement et l’élargissement des clubs de patients et l’intégration des maladies chroniques dans les réponses humanitaires d’urgence.

About The Author


En savoir plus sur L'ESSENTIEL RDC

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *