

Le drame survenu sur le lac Kivu dépasse le simple fait divers : il révèle une inégalité structurelle où les femmes, actrices essentielles de l’économie locale, paient le prix fort.
Le naufrage du 7 avril n’est pas seulement une tragédie humaine. Il expose une réalité persistante : les femmes dominent les circuits commerciaux informels, et sont donc les premières à s’exposer aux dangers du transport lacustre.
Cette présence massive s’explique par leur rôle central dans les échanges entre territoires comme Kalehe et Idjwi. Elles assurent la survie économique de leurs familles, souvent sans alternative viable.
Pourtant, cette implication économique ne s’accompagne d’aucune protection spécifique. Or, la Constitution congolaise consacre l’égalité et la protection des citoyens, notamment dans l’accès à la sécurité et à des conditions de vie dignes.
Dans les faits, ces principes restent théoriques. Les embarcations ne disposent ni d’équipements adaptés ni de mesures tenant compte des réalités des femmes, pourtant majoritaires parmi les usagers.
Ce déséquilibre est aggravé par l’absence de politiques publiques sensibles au genre dans le secteur du transport. Rien n’est prévu pour sécuriser celles qui portent une grande partie de l’économie locale.
Ainsi, ce naufrage révèle une double injustice : sociale et institutionnelle. Les femmes ne meurent pas seulement à cause d’un accident, mais aussi à cause d’un système qui ignore leur vulnérabilité.
Tant que les politiques publiques resteront aveugles aux réalités des femmes, chaque traversée du lac Kivu continuera d’être pour elles un risque disproportionné.
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