
Dans le territoire de Kalehe, particulièrement à Bunyakiri, les personnes affectées par les conflits armés font face à une grave insuffisance de prise en charge en santé mentale. Le manque de psychologues et de centres d’écoute aggrave la situation de nombreuses victimes, déjà fragilisées par les traumatismes liés à la guerre.
Plusieurs déplacés et retournés de Kalehe ont été confrontés à des expériences traumatisantes, notamment : les pillages de leurs biens, les déplacements forcés, les violences physiques et sexuelles, la perte de proches et la perte de leurs moyens de subsistance.
Ces événements ont des conséquences psychologiques importantes, souvent non prises en charge, faute de structures adaptées et de moyens financiers.
A Bunyakiri, les victimes ne bénéficient d’aucun accompagnement psychologique structuré. L’absence de centres d’écoute et de professionnels qualifiés laisse de nombreuses personnes livrées à elles-mêmes, dans une détresse silencieuse.
Certains témoignages recueillis sur place révèlent une souffrance profonde, marquée par l’anxiété, la peur et le désespoir.
Selon Polepole Bagalwa Janvier, médecin directeur du centre hospitalier de Kusisa dans le groupement de Ziralo, la prise en charge des troubles psychologiques repose généralement sur trois étapes : la sécurisation des victimes, l’écoute et le soutien psychosocial et les soins spécialisés.
Cependant, ces services sont majoritairement assurés par des organisations humanitaires, dont la présence reste limitée dans certaines zones enclavées.
Des initiatives encourageantes mais insuffisantes
Dans le territoire voisin de Kabare, des efforts sont déployés pour répondre à ces besoins. Le centre psychosocial Mutima de l’ONG Coopera Congo, situé à Lwiro, offre un accompagnement psychologique et médical aux personnes affectées par les conflits.
Selon Pascal Cibambo, ce programme cible notamment les déplacés, les retournés et les survivants de violences sexuelles. En complément, 634 ménages ont bénéficié d’une assistance en vivres et non-vivres pour soutenir leur résilience.
Malgré ces efforts, des bénéficiaires comme Nankafu Mahugo Honorine soulignent que les besoins restent importants, notamment en alimentation, éducation et relèvement économique.
Une détresse psychologique croissante à Bukavu
Dans la ville de Bukavu, les spécialistes alertent également sur l’augmentation des malades mentaux, avec des cas de suicide de plus en plus signalés.
La psychologue Blandine Mugoli attribue cette situation à plusieurs facteurs : la pauvreté et la crise économique, l’insécurité persistante, les traumatismes liés aux conflits et et l’isolement social.
Elle insiste sur la nécessité de renforcer la sensibilisation, de promouvoir le soutien communautaire et de faciliter l’accès aux services de santé mentale.
Les acteurs locaux appellent les organisations humanitaires à renforcer les interventions en santé mentale, notamment : en déployant des psychologues dans les zones affectées, en créant des centres d’écoute accessibles et en développant des programmes de soutien psychosocial adaptés.
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