

Le drame survenu dans la nuit du 10 au 11 avril 2026 à Miti, avec mort d’hommes, dans le territoire de Kabare, dépasse le simple fait divers. Derrière l’horreur des actes posés par un homme de 49 ans, une question cruciale se pose : celle de la santé mentale et de son encadrement dans les communautés rurales du Sud-Kivu. Le passage d’une dispute conjugale à un massacre familial interpelle sur les troubles silencieux souvent ignorés.
Dans de nombreuses localités comme Kashusha, les problèmes psychologiques restent mal compris, voire totalement négligés. Les tensions familiales, les frustrations économiques et les traumatismes accumulés dans un contexte de crise prolongée peuvent créer un terrain favorable à des explosions de violence incontrôlées. Pourtant, ces signaux d’alerte sont rarement pris au sérieux.
« On voyait qu’il n’allait pas bien depuis un moment, mais ici, on ne parle pas de ça », confie anonymement un habitant de la zone. Ce témoignage illustre une réalité persistante : les troubles mentaux sont souvent banalisés ou interprétés comme des problèmes passagers, sans suivi ni accompagnement.
Des experts en santé communautaire pointent du doigt l’absence criante de structures spécialisées. « Il n’existe pratiquement aucun mécanisme de prise en charge psychologique accessible en milieu rural. Les cas sont laissés à la famille ou à la communauté », explique sous anonymat un professionnel de santé. Dans ce contexte, les situations de crise peuvent rapidement dégénérer.
La gestion des conflits au sein des ménages constitue également un défi majeur. Faute de médiation ou de recours à des conseillers, les disputes conjugales peuvent prendre une tournure dramatique.
« Les couples gardent tout pour eux jusqu’à ce que ça explose », déplore un acteur local de la société civile.
Ce drame met aussi en lumière le manque de sensibilisation sur la santé mentale. Dans plusieurs communautés, consulter pour des troubles psychologiques est encore perçu comme une faiblesse ou une honte. Cette perception empêche une prise en charge précoce et efficace.
Face à cette tragédie, de nombreuses voix appellent à une prise de conscience collective. « Si rien n’est fait, ce genre de drame risque de se répéter », alerte un analyste local. Le cas de Miti pourrait ainsi devenir un signal d’alarme pour intégrer enfin la santé mentale dans les priorités de santé publique en RDC.
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