

Dans le territoire de Kabare, au Sud-Kivu, les pluies torrentielles qui s’abattent actuellement sur la région aggravent la précarité des populations rurales. Dans le village de Tchombo, situé dans le groupement de Miti, le paysage agricole est aujourd’hui marqué par la désolation. Les cultures ont été largement détruites, compromettant les moyens de subsistance de nombreuses familles.
Haricots, soja, manioc, maïs,… presque aucune culture n’a résisté aux intempéries. Cette perte massive de production affecte particulièrement les agriculteurs, parmi lesquels figurent de nombreux déplacés et retournés, déjà fragilisés par les conflits armés. Désormais, ils se retrouvent confrontés à une nouvelle crise, alimentaire et économique.
« Cette année, les choses sont compliquées. Il y a d’abord eu un soleil accablant au début de la saison culturale, puis des pluies abondantes qui ont tout détruit. Nous avions déjà semé, mais tout a été emporté », témoigne un agriculteur, visiblement désemparé.
Un autre renchérit : « Nous sommes dans la souffrance. Si nous avions reçu les semences à temps, peut-être aurions-nous pu mieux nous organiser. Aujourd’hui, nous demandons de l’aide ».
Pour l’ingénieur agronome, Albert Shukuru, cette situation n’est pas le fruit du hasard. Il explique que les saisons agricoles A et B ont été fortement perturbées cette année, avec une alternance inhabituelle entre chaleur intense et précipitations excessives, un phénomène directement lié au changement climatique.
« Nous devons désormais dire à la population de ne plus se fier strictement au calendrier agricole traditionnel. Les repères ont changé. Par exemple, les semis qui débutaient habituellement à une date précise ne correspondent plus aux réalités climatiques actuelles », souligne-t-il. Selon lui, cette imprévisibilité expose davantage les agriculteurs à des pertes répétées.
Face à cette crise, certaines initiatives locales tentent d’apporter des solutions. M. Déogratias Mupenda, à travers son entreprise Terra Action SRL, s’engage à accompagner les communautés affectées. L’appui prévoit notamment la distribution de semences résilientes, l’encadrement sur des techniques agricoles innovantes et la sensibilisation à la protection de l’environnement.
« Nous allons continuer à soutenir la population en mettant à disposition des semences adaptées, mais aussi en les formant sur des pratiques agricoles capables de résister aux aléas climatiques », explique-t-elle.
Au-delà de l’urgence humanitaire, cette situation met en évidence la nécessité de renforcer la résilience des communautés face aux changements climatiques. La protection des écosystèmes, la reforestation et l’adoption de pratiques agricoles durables apparaissent désormais comme des priorités pour limiter les impacts de ces dérèglements.
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