
À l’occasion de la Journée internationale du fact-checking, le réseau Chunguza Habari alerte sur la circulation de fausses informations en République démocratique du Congo.
Le collectif évoque une « prolifération » de contenus trompeurs. Cette tendance est reconnue à l’échelle mondiale. Des rapports publiés par UNESCO et Reporters sans frontières soulignent une hausse de la désinformation, notamment sur les réseaux sociaux. En revanche, peu de données publiques permettent, à ce stade, d’en mesurer précisément l’ampleur en RDC.
Dans l’Est du pays, marqué par des tensions sécuritaires persistantes, plusieurs journalistes interrogés évoquent des rumeurs récurrentes liées aux attaques armées et aux déplacements de populations. « Certaines fausses alertes circulent rapidement sur WhatsApp et créent la panique », témoigne un reporter basé à Bukavu, sous anonymat pour des raisons de sécurité.
Des spécialistes des médias nuancent toutefois. Selon un enseignant en sciences de l’information à l’Université de Bukavu, « la désinformation existe, mais elle doit être analysée avec rigueur. Toutes les erreurs ou rumeurs ne relèvent pas forcément d’une manipulation organisée ».
Sur le plan juridique, l’accès à une information fiable s’inscrit dans le cadre de la Constitution de la RDC, qui garantit la liberté d’expression et d’information. Ce principe est également reconnu par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Ces textes encadrent toutefois cette liberté, notamment en matière de responsabilité dans la diffusion de contenus.
Face à ces enjeux, Chunguza Habari affirme poursuivre ses activités de vérification et de formation. L’organisation appelle à un usage plus critique des contenus numériques, sans fournir de bilan chiffré de ses actions.
Les experts s’accordent sur un point : la lutte contre la désinformation repose autant sur les journalistes que sur les citoyens. La vérification des sources, le recoupement des informations et la prudence avant partage restent des pratiques essentielles.
À ce stade, si la désinformation est bien identifiée comme un enjeu, son impact précis en RDC nécessite encore des données vérifiables et indépendantes.
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