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Bukavu, Sud‑Kivu – Dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), les forêts ne sont pas seulement des étendues verdoyantes : elles jouent un rôle écologique et social essentiel. Au Sud‑Kivu, ces écosystèmes forestiers contribuent à la qualité de l’air, à la régulation du climat, à la préservation de la biodiversité et au bien‑être des communautés rurales.

Les forêts tropicales absorbent du dioxyde de carbone (CO₂), un gaz à effet de serre lié au réchauffement climatique, et libèrent de l’oxygène. Cela contribue à stabiliser le climat à l’échelle locale et mondiale. La RDC abrite une part importante du bassin du Congo, la deuxième plus grande forêt tropicale du monde, et environ 70 % du pays était couvert de forêts naturelles en 2020 selon des données satellitaires.

Les forêts du Sud‑Kivu, comme celles de Kahuzi‑Biega et d’autres zones proches du bassin du Congo, sont des refuges pour de nombreuses espèces animales et végétales. Dans le bassin du Congo, on trouve des espèces emblématiques comme les gorilles, les chimpanzés, les bonobos, l’okapi et l’éléphant de forêt, toutes dépendantes des forêts pour leur survie, selon The Good Men Project.

Une déforestation préoccupante

La déforestation reste une menace majeure. À l’échelle de la RDC, près de 7,1 % du couvert forestier a disparu entre 2002 et 2024, avec une perte record de 590 000 hectares de forêts primaires en 2024, ce qui place la RDC au 3ᵉ rang mondial des pertes après le Brésil et l’Indonésie, à en croire Mongabay France.

Même si ces chiffres ne sont pas spécifiques au seul Sud‑Kivu, ils reflètent une tendance lourde de dégradation du couvert forestier, conséquence de l’agriculture sur brûlis, de l’exploitation du bois, de la production de charbon de bois et des pressions humaines.

L’impact sur les communautés locales

Les forêts du Sud‑Kivu sont avant tout un outil de survie pour les populations rurales. Elles fournissent :

  • du bois de chauffage,
  • des plantes médicinales,
  • des fruits et produits forestiers non ligneux,
  • des ressources pour l’agriculture vivrière.

Cette dépendance renforce l’importance de gérer durablement ces forêts pour garantir la sécurité alimentaire, la santé et l’autonomie économique des populations.

Face à ces défis, des initiatives locales et internationales encouragent la reforestation, la protection des zones forestières et l’adoption de pratiques agricoles plus durables. La sensibilisation des communautés et un renforcement des politiques de gestion forestière sont essentiels pour réduire les pertes actuelles et préserver les fonctions vitales des forêts.

En somme, les forêts du Sud‑Kivu sont des acteurs essentiels de l’équilibre écologique ; elles jouent un rôle majeur dans la régulation du climat, le stockage du carbone et la préservation de la biodiversité ; leur disparition mettrait en danger les moyens de subsistance des populations locales ; des données récentes montrent une perte importante de forêts primaires en RDC, soulignant l’urgence d’actions concrètes.

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