

À plus de deux ans de l’élection présidentielle, le débat sur une éventuelle révision de la Constitution anime la vie politique en République démocratique du Congo (RDC). Mais selon l’Institut Ebuteli, ce débat pourrait occulter un enjeu plus fondamental : l’application effective des règles existantes.
Dans sa note intitulée « Vingt ans de Constitution en RDC : comment la pratique du pouvoir a fragilisé l’équilibre institutionnel », l’institut de recherche observe que « les fragilités tiennent moins au texte qu’à la pratique du pouvoir qui en a redessiné les lignes de force ».
Entre mars 2021 et décembre 2025, 458 moyens de contrôle et d’information ont été déposés auprès du Parlement, mais seuls 22 ont été examinés. « La cause est d’abord politique », souligne Ebuteli. Selon l’institut, les majorités parlementaire et présidentielle se confondent, ce qui limite le rôle du Parlement comme contre-pouvoir.
Cette situation, selon Ebuteli, contribue à une présidentialisation de fait du régime. La Constitution de 2006, modifiée en 2011, prévoit pourtant un équilibre entre le président, le gouvernement et le Parlement. L’institut note aussi des difficultés liées à l’indépendance judiciaire et à la mise en œuvre de la décentralisation.
Pour Ebuteli, la priorité devrait être l’application des règles existantes avant d’envisager toute réforme constitutionnelle. L’institut recommande de renforcer le contrôle parlementaire et de garantir l’indépendance des institutions.
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