0 5 minutes 3 jours

Dans le cadre de la mise en œuvre du projet Takiwama, axé sur le développement d’initiatives inclusives d’économie circulaire, la Croix-Rouge de la République Démocratique du Congo/Sud-Kivu, en partenariat avec Croix-Rouge française et Croix-Rouge espagnole, a lancé un atelier participatif de co-création de la campagne PAPE. Ces assises se tiennent du 24 au 25 mars 2026 à l’hôtel EXODUS, à Bukavu.

Réunissant une vingtaine d’acteurs issus des Organisations de la Société Civile (OSC), cet atelier vise à construire une campagne de sensibilisation et d’action ancrée dans les réalités locales, pour améliorer durablement la gestion des déchets dans le bassin du lac Kivu.

Dès l’ouverture, le président provincial de la Croix-Rouge RDC/Sud-Kivu, Désiré Yuma, a posé le décor. Selon lui, le projet Takiwama constitue « une réponse directe à une crise écologique et sanitaire » qui affecte la région. Il a insisté sur les impacts multiples de la pollution du lac Kivu, qui touche à la fois la santé des populations, la biodiversité et l’économie locale. Plaidant pour une approche participative, il a souligné que la campagne PAPE (Plaidoyer, Animation, Participation, Engagement ) doit être conçue par et pour les communautés.

« Nous ne voulons pas d’une campagne descendante », a-t-il martelé, appelant les participants à faire preuve de créativité, de franchise et d’audace. Il a également salué la collaboration avec les partenaires internationaux, estimant que la synergie entre appui technique et ancrage communautaire constitue un levier essentiel pour réussir cette initiative.

Après ce mot d’ouverture, Dr Glory Safari, chef de division communication à la Croix-Rouge RDC/Sud-Kivu, a présenté le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, rappelant ses principes et son engagement en faveur des communautés vulnérables.

Les échanges ont ensuite pris une dimension plus analytique avec la présentation des premiers résultats de l’enquête KAP par le professeur Arthur Bisimwa Mubwebwe et Pascal Livingston. Ces données, encore provisoires, dressent un tableau préoccupant : 78 % des ménages mélangent leurs déchets, 55 % les jettent dans des espaces ouverts, tandis que seulement 40 % connaissent les possibilités de recyclage. Plus inquiétant encore, 60 % des ménages disposant de toilettes déversent les eaux usées dans les caniveaux.

Pour les organisateurs, ces chiffres constituent un point de départ essentiel pour orienter les actions futures. « Ils permettent d’identifier les priorités de changement dans les quartiers », ont-ils souligné.

Modérant les travaux, Jordy Alberola Albors, délégué de la Croix-Rouge Espagnole (projet Takiwama), a rappelé que la problématique des déchets reste un défi quotidien pour les ménages, affectant à la fois l’environnement, la santé et les conditions de vie.

Présent à cette activité, Clovis Lubula, chef du bureau technique chargé de l’assainissement à la mairie de Bukavu, a confirmé la fermeture du dépotoir d’Elakat.

Il a également annoncé l’ouverture prochaine d’une décharge provisoire à Bwirembe, en attendant la mise en service d’un site définitif actuellement en cours de réaménagement à Mumosho, dans le territoire de Kabare.

L’un des temps forts de cette première journée a été l’identification et la priorisation des comportements à influencer. À travers des travaux en sous-groupes, les participants ont analysé les pratiques les plus courantes en matière de gestion des déchets, leurs impacts, ainsi que les freins au changement. Ils ont également proposé des actions simples et concrètes pouvant être mises en œuvre à l’échelle communautaire.

Les discussions ont tourné autour de cinq questions clés : quels comportements problématiques sont observés ? Quels sont les plus nocifs ? Pourquoi persistent-ils ? Lesquels peuvent évoluer rapidement ? Et quelles solutions accessibles peuvent être adoptées par les communautés ?

La restitution en plénière a mis en évidence une forte implication des participants et une richesse d’idées, traduisant une volonté collective de transformer les pratiques actuelles.

Au-delà des échanges, cet atelier marque une étape importante dans la construction d’une campagne inclusive, fondée sur l’écoute, la co-création et l’innovation sociale. À travers le projet Takiwama, la Croix-Rouge et ses partenaires entendent ainsi promouvoir un modèle d’économie circulaire où la réduction de la pollution devient non seulement une nécessité environnementale, mais aussi une opportunité de dignité et de développement pour les populations du bassin du lac Kivu.

About The Author


En savoir plus sur L'ESSENTIEL RDC

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *