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Carburant rare à Beni : la guerre au Moyen-Orient en cause ?

Depuis le samedi 7 mars 2026, la ville de Beni, dans la province du Nord-Kivu, est confrontée à une brusque pénurie de carburant. En l’espace de quelques heures seulement, le prix du litre d’essence est passé de 2 500 francs congolais (environ 1,1 USD) à près de 8 000 francs congolais (3,6 USD) chez certains vendeurs informels, soit plus du triple du tarif habituel. Cette situation a plongé les habitants dans l’inquiétude, alors que l’approvisionnement normal du marché semble totalement interrompu.

À l’origine de cette crise, plusieurs sources évoquent l’immobilisation au Kenya des camions-citernes qui alimentent habituellement la région de Beni, ainsi que les zones de Kasindi et Butembo. Les raisons exactes de ce blocage ne sont pas encore clairement établies. Depuis samedi matin, les stations-service de la ville ont fermé leurs portes, faute de carburant disponible dans leurs cuves.

Les responsables de ces stations indiquent que leurs camions sont retenus sur un site de ravitaillement au Kenya et qu’ils ignorent pour l’instant les causes précises de cette suspension. Par mesure de précaution, ils ont préféré interrompre la vente afin d’éviter l’épuisement rapide de leurs dernières réserves.

Sur le terrain, les conséquences sont déjà visibles. La circulation a fortement diminué dans plusieurs artères de Beni, tandis que les prix du transport en moto-taxi ont sensiblement augmenté.

« Avant, je payais 1 000 francs pour certaines courses. Aujourd’hui, on nous demande presque le double », témoigne Marie, une habitante du quartier Mulekera, qui craint que la situation ne complique davantage la vie des ménages.

En l’absence de carburant dans les stations officielles, les revendeurs informels communément appelés « Kadafi » sont devenus la principale source d’approvisionnement. Mais leurs prix ont grimpé de manière spectaculaire.

« Nous n’avons pas le choix, si on ne paie pas ce prix, on ne travaille pas », explique Jean-Paul, motocycliste au centre-ville. Devant ces points de vente improvisés, des attroupements sont régulièrement observés, chacun tentant d’obtenir quelques litres pour poursuivre ses activités.

À Kasindi-Lubirigha, principal corridor d’entrée des produits pétroliers dans la région, le chef local du service national de l’Économie a appelé les commerçants à éviter toute spéculation. Une réunion d’urgence a été annoncée afin d’évaluer la situation et de trouver des solutions rapides pour limiter l’impact de la pénurie sur les populations.

Dans la ville, certains habitants s’interrogent déjà sur les causes profondes de cette crise et évoquent l’éventuelle influence des tensions géopolitiques internationales, notamment au Moyen-Orient, région clé de la production pétrolière.

« Quand il y a des conflits dans les pays producteurs, les effets finissent toujours par se ressentir partout », estime Pascal, commerçant à Beni. En attendant des clarifications officielles, les habitants espèrent surtout une reprise rapide de l’approvisionnement afin d’éviter une paralysie prolongée des activités économiques et sociales.

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