
À Bukavu, l’art s’invite dans le combat pour un environnement plus sain. Ce mardi 31 mars 2026, deux sculptures monumentales réalisées à partir de matières plastiques récupérées ont été présentées au public, dans le cadre des activités du Mois vert. Bien plus que de simples créations artistiques, ces installations portent un message fort en faveur de la protection de la nature.
Imaginées et façonnées par des artistes de la ville, ces œuvres traduisent une approche innovante : transformer les rebuts en symboles porteurs de sens. Elles illustrent ainsi une autre manière de considérer les déchets, non plus comme un fardeau, mais comme une opportunité de création et de sensibilisation.
La première sculpture, installée à proximité de la 10e région militaire, vers Chez Baba Cingazi, prend la forme d’une vache baptisée « Nkafu ». Cette figure renvoie à une référence culturelle majeure, liée à l’origine même du nom de Bukavu. À travers cette représentation, l’artiste met en avant à la fois l’identité locale et l’urgence de préserver le cadre de vie urbain. Son auteur, Nyangolo Amani Christian, explique avoir mobilisé environ 35 000 bouteilles pour donner vie à cette œuvre imposante.
Devant les autorités urbaines et les représentants de la coopération suisse, il a souligné la portée de son initiative : faire des déchets une matière utile, capable d’embellir la ville tout en éveillant les consciences. Pour lui, l’art devient un moyen d’action citoyenne.
La seconde installation, conçue à partir de 6 111 bouteilles recyclées, représente un robinet géant. Cette création interpelle directement sur la gestion de l’eau et les conséquences de la pollution plastique, notamment sur le lac Kivu, de plus en plus exposé à cette menace. À travers ce symbole, les artistes entendent rappeler le lien étroit entre déchets mal gérés et dégradation des ressources vitales.
Présent lors du dévoilement, le maire de Bukavu, le Dr Nicolas Kyalangaliwa, a salué cette initiative et mis en avant le potentiel créatif local malgré les défis auxquels la ville est confrontée. Il a également exprimé sa reconnaissance envers la coopération suisse pour son appui dans l’encadrement des artistes et la promotion de la campagne « Bukavu ville verte ». Selon lui, ces réalisations démontrent qu’il est possible de transformer les difficultés en opportunités porteuses d’espoir.
L’autorité urbaine a par ailleurs émis le souhait de voir se multiplier ce type d’œuvres dans les espaces publics, notamment aux ronds-points, afin de valoriser l’histoire et les valeurs de la ville.
De son côté, le directeur du Bureau de la coopération suisse en RDC, Thomas Jenatch, a insisté sur la dimension pédagogique de ces créations. Il a rappelé que les déchets peuvent devenir un levier de changement, un outil pour sensibiliser les communautés et encourager des comportements plus responsables.
À travers ces deux monuments, Bukavu envoie un signal fort : la lutte contre la pollution peut aussi passer par la créativité. En donnant une seconde vie aux plastiques, ces artistes contribuent à changer les mentalités et à inspirer une gestion plus durable de l’environnement.
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