

À Bukavu, dans le Sud-Kivu, une rumeur circule depuis plusieurs semaines sur la « disparition des organes génitaux masculins ». Diffusée principalement à travers des messages audio anonymes sur WhatsApp, cette information a provoqué une forte inquiétude dans certains quartiers.
Selon ces messages, des individus profiteraient de la peur pour commettre des escroqueries, ciblant notamment des personnes supposées riches. Les victimes seraient bousculées dans la rue, dépouillées par des complices, tandis que la foule serait manipulée pour croire à un vol d’organe, donnant lieu à des tensions et des comportements de justice populaire.
Aucune preuve médicale, scientifique ou policière ne confirme la disparition réelle d’organes. Des professionnels de santé et des autorités locales rappellent qu’il s’agit d’une rumeur et que la panique qui en découle est utilisée par des escrocs pour tirer profit de la peur des habitants.
Plusieurs habitants interrogés exigent désormais une intervention ferme des autorités pour stopper la propagation de ces messages alarmistes. Jean Bosco, commerçant, déclare : « Il faut que la justice agisse rapidement. Ces rumeurs causent la panique et incitent à la violence. Nous ne pouvons plus rester passifs. »
Madeleine Mukas, mère de famille, ajoute : « Nos enfants et nos maris vivent dans la peur. Les auteurs doivent être arrêtés et punis, sinon la situation va dégénérer. »
Le Code pénal congolais, à son article 231, réprime la diffusion de fausses nouvelles susceptibles de troubler l’ordre public. Les habitants appellent les forces de l’ordre à appliquer strictement cette loi pour identifier et sanctionner les propagateurs de rumeurs et les auteurs d’escroqueries.
« La loi existe pour protéger la population. Ceux qui répandent de fausses nouvelles doivent répondre de leurs actes devant la justice », lâche Bosco, père de famille.
Ils soulignent également l’importance de vérifier toute information médicale auprès de professionnels de santé avant de réagir, afin de dissiper les fausses craintes et de prévenir la manipulation de la population.
« Les habitants devront rester prudents en vérifiant toute information pour barrer la route aux rumeurs », recommande Armand, un vendeur ambulant.
La rumeur, qui circule depuis un mois, prend des proportions inquiétantes et illustre la manière dont la peur peut être exploitée par des escrocs pour créer un climat de panique et de violence. La vigilance des citoyens, l’action judiciaire et la vérification des faits apparaissent comme essentielles pour protéger la population et restaurer la sécurité dans la ville de Bukavu.
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