

Depuis plusieurs semaines, de fortes pluies s’abattent sur différents territoires du Sud-Kivu, notamment à Kabare, Walungu, Kalehe, Mwenga et Uvira. Si ces précipitations sont généralement perçues comme favorables à l’agriculture, elles suscitent aujourd’hui des réactions partagées au sein des communautés paysannes, entre espoir de bonnes récoltes et inquiétudes face aux dégâts enregistrés dans les champs.
Dans les hauts plateaux de Kalehe, certains agriculteurs saluent une amélioration de l’humidité des sols, longtemps affectés par des périodes de sécheresse.
« Ces pluies nous redonnent de l’espoir. Les cultures de haricot et de maïs se développent mieux que l’année passée », témoigne un cultivateur du groupement de Mbinga-Sud.
À Kabare, le sentiment est plus mitigé. Plusieurs producteurs affirment que l’excès d’eau commence à fragiliser certaines cultures.
« Au début, la pluie était une bonne chose, mais maintenant les champs sont saturés. Les plants de pomme de terre pourrissent et nous craignons de grandes pertes », explique une agricultrice du groupement de Bugorhe.
Dans le territoire de Walungu, les paysans redoutent également l’érosion des sols sur les pentes.
« L’eau emporte la terre fertile. Sans mesures antiérosives, nos champs risquent de devenir improductifs », alerte un membre d’une coopérative agricole locale.
À Mwenga, d’autres cultivateurs évoquent des difficultés d’accès aux champs et aux marchés.
« Les routes sont devenues impraticables. Même lorsque la production est bonne, il est difficile d’acheminer les produits vers les centres de vente », déplore un producteur de manioc.
Du côté d’Uvira, les inquiétudes portent surtout sur les risques d’inondations dans les zones basses.
« Si les pluies continuent avec cette intensité, nos cultures de riz et de légumes pourraient être submergées », prévient un exploitant de la plaine de la Ruzizi.
Face à cette situation, plusieurs agriculteurs appellent les autorités et les organisations d’appui agricole à renforcer l’accompagnement technique, notamment en matière de drainage, de lutte contre l’érosion et de réhabilitation des routes de desserte agricole.
Ainsi, si ces pluies représentent une opportunité pour relancer la production dans certaines zones, elles constituent aussi une menace réelle pour d’autres exploitations. Entre soulagement et préoccupations, les agriculteurs du Sud-Kivu espèrent des mesures d’adaptation afin de transformer cette abondance d’eau en véritable atout pour la sécurité alimentaire de la province.
Ishara Namegabe Yvette
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