

Dans la nuit du samedi 21 au dimanche 22 février 2026, une fine pluie tombée sur une grande partie de la ville de Bukavu a été accompagnée d’un phénomène aussi impressionnant que familier : un essaimage massif de termites ailés, communément appelés fourmis blanches. Au quartier Nyalukemba, particulièrement sur l’avenue du Lac, de nombreuses habitations ont été envahies par ces insectes attirés par les ampoules restées allumées. Sous la lumière artificielle, des nuées d’insectes ont virevolté durant plusieurs heures, transformant les façades et les salons en véritables scènes de vie nocturne.
« Je n’avais jamais vu autant de termites à la fois, » confie Madame Mukeba, habitante de l’avenue du Lac. « Ils volaient partout dans la maison, et mes enfants étaient émerveillés autant qu’inquiets. Heureusement, ils ne piquent pas ! » Un voisin, M. Kalenga, ajoute : « C’est impressionnant mais ça fait partie de notre quotidien après les pluies. Il faut juste protéger les meubles en bois. »
Si la scène a parfois provoqué surprise et inconfort chez certains habitants, ce phénomène demeure avant tout un processus biologique naturel. Les termites ailés émergent généralement après les pluies fines, lorsque l’humidité et la température créent des conditions favorables à leur reproduction. Leur mission est essentielle à la survie de l’espèce : quitter la colonie d’origine, s’accoupler et fonder de nouvelles termitières. « Ces essaimages sont un indicateur important de la santé de nos écosystèmes urbains, » explique le biologiste entomologiste Dr. Mbusa. « Ils témoignent du rythme saisonnier des insectes et des cycles climatiques locaux. »
Au-delà de la simple nuisance passagère, la présence de termites revêt une dimension écologique souvent méconnue. Ces insectes jouent un rôle fondamental dans la nature : ils participent à la décomposition de la matière organique, enrichissent les sols et contribuent à la fertilité des terres. Dans les zones tropicales, ils sont considérés comme de véritables ingénieurs de l’écosystème. « Beaucoup de citadins ignorent leur importance, » note l’écologiste Mme Kanyama. « Leur apparition en ville nous rappelle que même les environnements urbains restent connectés à la biodiversité. »
Toutefois, cette cohabitation n’est pas sans enjeux pour les habitations, notamment celles comportant des structures en bois. Bien qu’inoffensifs pour l’homme, les termites peuvent indiquer l’existence d’une termitière à proximité, susceptible d’endommager progressivement certains éléments des bâtiments. « La panique est inutile, » rassure M. Nsenga, expert en lutte antiparasitaire. « Une fois l’essaimage terminé, il suffit de balayer et d’éliminer les insectes, en évitant autant que possible les produits chimiques. »
Ce spectacle nocturne, aussi inattendu que fascinant, rappelle finalement une évidence : même au cœur de la ville, la nature poursuit son cycle. À Nyalukemba, comme ailleurs, l’essaimage des termites ailés illustre la vitalité discrète mais essentielle des équilibres écologiques qui façonnent le quotidien urbain, selon habitants et experts unanimes.
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