
La rivière Kilibozi, longtemps considérée comme l’un des réservoirs les plus riches en poissons du groupement des BUUSE en chefferie de Wamuzimu, est aujourd’hui victime d’une exploitation minière intensive. Selon des témoignages des communautés BUUSE, une entreprise chinoise, en complicité avec certaines coopératives minières locales, serait à l’origine de cette dégradation environnementale.
Les activités minières ont entraîné une pollution massive des eaux de la Kilibozi. Les boues et produits chimiques rejetés dans le cours d’eau menacent directement la biodiversité aquatique. Les pêcheurs locaux affirment que plusieurs espèces de poissons ont déjà disparu, privant les communautés d’une source vitale de nourriture et de revenus.
Même, les étangs piscicoles érigés sur les lits versants dans la Kilibozi ne sont pas épargnés, plusieurs ont été détruits sans que les propriétaires soient indemnisés comme le veut le code minier en vigueur. Les champs aussi ont été détruits, laissant des familles qui comptaient sur leurs productions agricoles sans espoir.
Les berges de la rivière, autrefois couvertes de végétation, se transforment en terrains instables, fragilisant l’équilibre écologique de tout le bassin de Kilibozi.
Derrière cette exploitation se cache un système opaque. Les coopératives minières locales, censées protéger les intérêts des communautés, servent de relais pour blanchir les activités de l’entreprise étrangère. Cette complicité rend difficile toute traçabilité des minerais extraits et prive l’État de revenus fiscaux essentiels, mais aussi la part de la communauté locale et les réparations environnementales ne sont pas assurées.
Au-delà de l’environnement, les populations de Buuse subissent de plein fouet les effets de cette exploitation. Les terres agricoles sont détruites, les sources d’eau potable contaminées, et les activités traditionnelles comme la pêche deviennent impossibles. La pauvreté s’accentue, alimentant frustrations et tensions sociales.
Des voix s’élèvent pour dénoncer cette situation. Les membres de la famille BUUSE, les ONG locales et associations environnementales réclament une intervention urgente des autorités afin de protéger la rivière Kilibozi et de mettre fin aux pratiques illégales. Elles insistent sur la nécessité d’une gouvernance transparente et d’une responsabilisation des entreprises étrangères impliquées.
Justin Lutala
About The Author
En savoir plus sur L'ESSENTIEL RDC
Subscribe to get the latest posts sent to your email.