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Le territoire de Shabunda a vécu, le lundi 2 février 2026, une journée marquée par une profonde crispation sociale, révélatrice des fragilités du vivre-ensemble dans un contexte déjà sensible. Des rumeurs persistantes faisant état de vols présumés d’organes génitaux ont rapidement alimenté la peur, la méfiance et la colère au sein de plusieurs communautés, mettant à rude épreuve la cohabitation pacifique entre habitants.

Dans plusieurs localités, la psychose collective a pris le pas sur la retenue et le dialogue. La suspicion, nourrie par des croyances et des récits non vérifiés, a entraîné des réactions extrêmes, traduisant une rupture brutale de la confiance sociale. À Katchungu comme à Luza, la peur de l’invisible et de l’incompréhensible a transformé le voisin en ennemi potentiel, exacerbant les clivages communautaires et identitaires.

Au-delà des faits, c’est surtout le tissu social qui ressort profondément meurtri. Des habitants témoignent d’un climat désormais lourd, où chacun se regarde avec inquiétude, redoutant l’autre en raison de son origine, de son appartenance ou de simples soupçons. La désignation d’étrangers ou de personnes perçues comme « différentes » a ravivé des tensions latentes, fragilisant davantage une cohabitation déjà éprouvée par l’insécurité et la précarité.

Ces événements soulignent aussi l’urgence de réhabiliter la parole, le dialogue et la confiance mutuelle. Là où la peur domine, la justice populaire prospère, reléguant au second plan les mécanismes légaux et les valeurs fondamentales de solidarité et de respect de la vie humaine. Plusieurs leaders communautaires appellent aujourd’hui à la retenue, rappelant que la violence collective ne fait qu’aggraver les fractures sociales et semer durablement la discorde.

À Shabunda, plus que jamais, la reconstruction du vivre-ensemble apparaît comme une priorité. Elle passe par l’éducation citoyenne, la lutte contre les rumeurs, le renforcement de la médiation communautaire et la restauration de la confiance entre populations et autorités. Car sans cohésion sociale, aucune sécurité durable n’est possible, et sans dialogue, la peur continuera de dicter sa loi au détriment de la paix et de la cohabitation harmonieuse.

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