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À Uvira, dans l’Est de la République démocratique du Congo, l’inquiétude grandit parmi les habitants et les opérateurs économiques, qui appellent à la reprise des échanges avec le Burundi. Malgré le retrait des éléments de l’AFC/M23 il y a près d’un mois, le poste frontalier demeure fermé, plongeant la ville dans une profonde difficulté économique et sociale.

Les autorités burundaises, par la voix de leur ministre des Affaires étrangères, maintiennent toutefois leur position : les garanties de sécurité jugées nécessaires ne sont pas encore réunies pour autoriser la réouverture. Sur place, la frustration est palpable. Entre temps, la population exprime son impatience face à une situation qui affecte le commerce, la mobilité et les conditions de vie.

Dans ce contexte difficile, certains habitants prennent des risques extrêmes pour franchir la frontière de manière irrégulière. John, un jeune de 18 ans, raconte avoir quitté le site de réfugiés de Busuma, où les conditions de vie sont devenues insupportables, marquées par la précarité, la pénurie d’eau et la souffrance quotidienne. Pour rejoindre Uvira, il a traversé de nuit le lac Tanganyika à bord d’une pirogue, une traversée périlleuse qui a séparé son groupe après l’arrestation de ses frères à Gatumba.

D’autres témoignages évoquent des passages encore plus dangereux. Un homme confie avoir tenté la traversée en s’accrochant à un simple bidon pour rester à flot. Sur les quatorze personnes parties avec lui, deux ont perdu la vie avant d’atteindre la rive. Ces drames illustrent l’urgence de la situation à Uvira, où la fermeture prolongée de la frontière pousse de nombreuses familles à risquer leur existence dans l’espoir de retrouver sécurité et moyens de subsistance.

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