
Le 39ᵉ Sommet des Chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, prévu les 14 et 15 février 2026 à Addis-Abeba, arrive avec un agenda officiel ambitieux. Pourtant, l’ombre de l’échec plane sur cette rencontre, comme sur les précédentes, lorsqu’il s’agit de la crise sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo. Depuis des années, les conférences et sommets africains se succèdent, mais les rapports se ressemblent et les violences continuent de dévaster les populations locales. À force de discussions sans résultats tangibles, on finit par se demander si l’UA n’est pas prisonnière d’un ritualisme diplomatique où les déclarations solennelles remplacent les actions concrètes.
La RDC, théâtre de conflits récurrents dans ses provinces de l’Est, demeure le terrain d’un échec collectif, où les communautés locales payent le prix fort de l’inertie internationale. Les armées locales, les groupes armés et les milices continuent de dicter la loi, tandis que les institutions continentales discutent en salons feutrés. Le sommet d’Addis-Abeba pourrait être l’occasion de redéfinir une stratégie crédible, mais il semble plutôt se profiler comme un exercice de communication, où les chefs d’État, par politesse ou par diplomatie, répéteront les promesses déjà entendues depuis des années.
L’autre point faible de ces sommets reste la question de l’inclusivité et de la représentativité. Les décisions se prennent souvent loin du terrain et sans la participation effective de ceux qui connaissent réellement la situation sécuritaire et humanitaire. Les voix des populations affectées, des acteurs locaux et même de certains membres de la société civile congolaise peinent à être entendues. Résultat : les plans adoptés restent souvent théoriques, et les mécanismes de mise en œuvre ne trouvent pas de relais crédible sur le terrain.
En définitive, le 39ᵉ Sommet de l’UA illustre le défi structurel d’une institution continentale qui, malgré son autorité politique, semble prisonnière de ses propres procédures. Tant que les décisions resteront éloignées des réalités du terrain et que les responsables des crises ne seront pas véritablement engagés, l’Est de la RDC continuera d’être un laboratoire de promesses vaines et de souffrances ininterrompues. La question n’est plus de savoir si un sommet pourra changer la donne, mais si l’Afrique a réellement la volonté d’agir plutôt que de simplement en parler.
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