
Il y a des questions qui reviennent avec insistance, comme un écho douloureux dans la conscience collective. Des questions simples en apparence, mais lourdes de souffrances, de larmes et d’incertitudes. Aujourd’hui, dans l’Est de la République Démocratique du Congo, une interrogation hante les esprits, traverse les villages, les camps de déplacés et les villes meurtries : qui arrêtera la guerre ?
Depuis des décennies, la violence semble s’être installée comme une tragique routine. Les armes parlent plus fort que les promesses. Les populations fuient plus vite que les solutions n’arrivent. Chaque nouvelle accalmie nourrit l’espoir, mais chaque reprise des combats le brise un peu plus. Entre accords de paix fragiles, négociations sans lendemain et opérations militaires aux résultats limités, la paix paraît toujours annoncée, mais rarement installée.
Pourtant, cette guerre n’est pas qu’une affaire de stratégies militaires. Elle est le reflet d’un enchevêtrement complexe : intérêts économiques autour des ressources naturelles, rivalités locales et régionales, faiblesse de l’autorité de l’État dans certaines zones, frustrations sociales profondes, et parfois, une instrumentalisation politique des crises sécuritaires.
Mais au cœur de cette équation, il y a surtout des vies humaines. Des familles déracinées. Des enfants privés d’école. Des champs abandonnés. Des communautés qui vivent dans la peur permanente. La guerre n’est pas seulement un affrontement armé ; elle est une destruction lente du tissu social, de la confiance et de l’avenir.
La responsabilité d’y mettre fin ne peut être fragmentée ou reportée indéfiniment. Elle interpelle d’abord l’État, garant de la sécurité et de l’intégrité du territoire. Rétablir la confiance entre les populations est impératif incontournable.
Mais l’État ne peut agir seul. La paix durable exige une coopération régionale sincère, loin des logiques de méfiance et des intérêts contradictoires. Elle exige aussi une communauté internationale cohérente, engagée non seulement dans les discours, mais dans des actions concrètes et durables.
Et surtout, la paix ne pourra s’imposer sans les communautés elles-mêmes. Car aucune solution militaire ne remplacera le dialogue local, la réconciliation, la gestion pacifique des conflits. Là où la méfiance domine, la violence trouve toujours un terrain fertile.
La réponse, aussi inconfortable soit-elle, est collective. Ce ne sera ni un accord signé à la hâte, ni une opération militaire isolée. Ce sera une volonté politique réelle, un engagement régional honnête, une justice effective et une mobilisation citoyenne pour refuser la banalisation de la violence.
Car le plus grand danger aujourd’hui n’est peut-être pas seulement la guerre elle-même, mais l’habitude de vivre avec elle.
Et tant que la guerre sera perçue comme une fatalité, elle continuera.
La paix, elle, commencera le jour où elle deviendra une exigence non négociable.
About The Author
En savoir plus sur L'ESSENTIEL RDC
Subscribe to get the latest posts sent to your email.