

L’eau, source de vie, reste pour trop d’Africains un luxe inaccessible. Le thème de 2026 de l’Union Africaine, centré sur « l’accès durable à l’eau et à des systèmes d’assainissement sûrs », sonne comme une belle promesse. Mais à y regarder de plus près, cette promesse ressemble davantage à une utopie qu’à une réalité tangible.
Dans de nombreuses régions, les habitants parcourent chaque jour des kilomètres pour puiser une eau souvent impropre à la consommation. Les infrastructures existantes, lorsqu’elles existent, sont vétustes et tombent rapidement en panne faute de maintenance. Quant aux systèmes d’assainissement, ils sont encore largement déficients, exposant les populations à des maladies évitables et à des conditions de vie indignes.
Ce constat n’est pas nouveau. Depuis des décennies, plans et projets se succèdent, mais sur le terrain, les résultats sont trop souvent invisibles. Les obstacles sont nombreux : financement insuffisant, mauvaise gouvernance, faible implication des communautés locales et priorités politiques orientées ailleurs. À cela s’ajoutent les défis du changement climatique, de l’urbanisation anarchique, de la croissance démographique et, dans certaines régions, de l’insécurité.
Sans changements profonds, l’accès durable à l’eau restera un rêve lointain. Les projets inaugurés avec fracas se retrouvent trop souvent abandonnés quelques mois plus tard. Les populations, elles, n’attendent pas des slogans ou des journées thématiques, mais des robinets qui coulent, des latrines fonctionnelles et un environnement sain.
L’eau ne peut rester un droit proclamé sur le papier tout en restant inaccessible dans la réalité. Il faut de la volonté politique, des financements durables, une gestion transparente et une participation réelle des communautés. Sans cela, l’utopie du « tout le monde a accès à l’eau » continuera de nourrir les discours, mais jamais les robinets.
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