

Le 39ᵉ sommet de l’Union africaine s’est achevé ce dimanche 15 février 2026 à Addis-Abeba, dans un climat de tensions et d’inquiétudes. Au centre des discussions : les conflits dans l’est de la RDC, la guerre civile au Soudan, la reprise du conflit au Soudan du Sud et la menace terroriste qui frappe de nombreux pays africains. Derrière les protocoles et les déclarations officielles, le sommet a mis en lumière la complexité des crises qui persistent sur le continent et les limites des réponses collectives.
Après la cérémonie d’ouverture samedi, les travaux se sont poursuivis à huis clos dans le grand amphithéâtre Nelson Mandela. Sur une cinquantaine de dirigeants présents, seulement la moitié étaient des chefs d’État ; les autres se sont fait représenter par leur Premier ministre. Parmi les participants, certains faisaient leur première apparition dans ces instances : le président guinéen, le général Mamadi Doumbouya, et le président gabonais, le général Brice Clotaire Oligui Nguema. Tous deux, anciens militaires auteurs de coups d’État, ont ensuite organisé et remporté des élections qui leur ont permis de réintégrer les structures de l’UA malgré les contestations. Également présent, le président de la RDC, Félix Tshisekedi, dont le pays reste au centre des préoccupations en raison du conflit dans l’est.
Les interventions à la tribune ont rapidement mis en évidence les inquiétudes qui traversent le continent. Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a alerté sur le « bouleversement de l’ordre international » et sur la mise à l’épreuve du multilatéralisme. Selon lui, la fragilité politique et institutionnelle de nombreux pays africains, combinée à l’ingérence extérieure et aux interventions militaires hors cadre légal, menace la stabilité et la souveraineté du continent.
« Faire taire les armes peine à aboutir, et les changements inconstitutionnels de gouvernement refont surface », a-t-il souligné, rappelant que certains pays vivent une instabilité chronique, héritage des périodes post-indépendance. Pour lui, l’Afrique doit renforcer son intégration politique et économique, non pas par simple ambition, mais comme « impératif de survie ».
Le président de la Commission a également insisté sur la souffrance des populations victimes de conflits : « Du Soudan au Sahel, à l’est de la RDC, en Somalie et ailleurs, nos populations continuent de payer le prix fort de l’instabilité. Le respect du droit international et du droit humanitaire demeure le seul gage de paix durable ».
João Lourenço, président sortant de l’UA, a complété ce tableau en dénonçant les élections qui « blanchissent » les coups d’État, un phénomène qui affaiblit la crédibilité des institutions africaines et compromet la stabilité régionale.
Au terme de ce sommet, il apparaît clairement que, malgré les discours officiels et les engagements symboliques, les défis restent immenses. Conflits internes, ingérences extérieures, fragilité institutionnelle et menaces à la paix continuent de peser sur l’Afrique. Le sommet d’Addis-Abeba a mis en lumière une vérité difficile : le chemin vers un continent uni et stable reste semé d’embûches, et le multilatéralisme africain, encore fragile, doit faire face à l’épreuve du réel.
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