
La tension est montée d’un cran entre Washington et Paris. Lundi 19 janvier, le président américain Donald Trump a agité une menace aux accents de guerre commerciale : imposer des droits de douane de 200 % sur les vins et champagnes français. Une riposte annoncée au refus d’Emmanuel Macron de rejoindre le controversé « Conseil de la paix », une initiative diplomatique portée et pilotée par la Maison Blanche.
Depuis Washington, Donald Trump n’a pas mâché ses mots face aux journalistes. Interrogé sur la position de la France, dont l’entourage présidentiel a confirmé un refus clair, le locataire de la Maison Blanche a réagi avec virulence, mettant en doute la légitimité politique de son homologue français. Dans la foulée, il a assumé une stratégie de pression économique directe : selon lui, des surtaxes massives sur les produits viticoles français pourraient forcer Paris à revoir sa position, tout en affirmant paradoxalement que la France « n’est pas obligée » d’adhérer au projet.
À Paris, la réaction a été immédiate et ferme. Dans l’entourage d’Emmanuel Macron, ces menaces sont jugées « inacceptables ». La France, membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, a fait savoir qu’elle n’entendait « pas donner de suite favorable » à ce stade. Les autorités françaises estiment que l’initiative américaine pose de sérieuses questions de fond, notamment sur le respect des principes multilatéraux et de l’architecture des Nations unies, qui ne sauraient être contournés ou concurrencés.
Selon des documents consultés par l’Agence France-Presse, Donald Trump ambitionne de créer un « Conseil de la paix » entièrement placé sous son influence, conçu comme une alternative aux mécanismes onusiens de résolution des conflits. Une « charte », transmise aux pays invités, précise que l’adhésion serait valable pour trois ans. Plus surprenant encore, une place permanente au sein de ce conseil serait conditionnée à une contribution financière d’un milliard de dollars, révélant une approche largement transactionnelle de la diplomatie internationale.
Cette nouvelle escalade verbale s’inscrit dans un contexte déjà tendu entre les États-Unis et plusieurs capitales européennes. Le week-end précédent, Donald Trump avait menacé d’imposer des surtaxes douanières à divers pays de l’Union européenne, dont la France, en raison de leur opposition à ses ambitions concernant l’annexion du Groenland. Autant de signaux qui alimentent l’inquiétude d’un retour assumé à une diplomatie de la contrainte, où l’économie devient un levier central pour imposer des choix politiques.
Entre bras de fer commercial et rivalité institutionnelle avec l’ONU, cette affaire illustre un climat international de plus en plus conflictuel, où les alliances traditionnelles sont mises à l’épreuve et où les équilibres diplomatiques semblent fragilisés.
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