
Shabunda-centre vit au rythme de la paralysie. Depuis deux jours, les boutiques restent closes, les marchés désertés et les rues vides, conséquence directe de la ville morte décrétée par la société civile. Pour les petits commerçants et artisans, cette immobilisation se traduit par des pertes financières importantes qui fragilisent déjà une économie locale précaire.
Marcel, propriétaire d’une épicerie, raconte son désarroi : « Hier, je n’ai pas vendu un seul article et je n’ai même pas pu acheter de vivres pour ma famille. Chaque jour de fermeture représente un manque à gagner énorme. » Pour lui et beaucoup d’autres, cette situation met en danger la survie même de leur commerce.
La paralysie touche toutes les couches de l’économie locale. Les transporteurs, les fournisseurs et les artisans ressentent également l’impact de l’arrêt des activités. Jean-Pierre, transporteur de marchandises, explique : « Nos partenaires commerciaux ne peuvent plus fonctionner. Si cela continue, certains risquent de disparaître, et nous perdons tous ensemble. » Les coûts s’alourdissent et la chaîne économique s’affaiblit.
Les habitants, eux aussi, subissent cette situation. L’accès aux biens essentiels devient compliqué et chaque journée sans activité accentue le stress financier des familles. Amina, mère de trois enfants, confie : « Nous n’avons plus de quoi subvenir aux besoins de base, et cela devient dramatique pour nos familles. »
Malgré la mobilisation citoyenne, le manque à gagner continue de s’accumuler. La ville morte illustre la tension entre engagement social et conséquences économiques. Pour les commerçants et habitants de Shabunda, chaque journée de paralysie représente non seulement un manque à gagner immédiat, mais aussi une fragilisation durable de leur subsistance.
Pour rappel, les habitants de Shabunda-centre répondent à l’appel lancé par les organisations de la société civile qui ont décrété une ville morte. Ces structures dénoncent les exactions des groupes se réclamant du label Wazalendo contre la population paisible. Récemment, elles ont exigé de ces groupes de quitter la zone et de rallier les fronts militaires.
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