
Le football congolais subit un nouveau revers qui met en lumière l’incapacité chronique de Kinshasa à gérer efficacement ses infrastructures sportives. La Confédération africaine de football (CAF) a officiellement retiré l’autorisation exceptionnelle permettant au Stade des Martyrs de la Pentecôte d’accueillir des compétitions continentales, un privilège accordé provisoirement depuis plusieurs mois malgré l’absence de conformité réglementaire.
Les inspections techniques menées par la CAF n’ont laissé aucune place au doute : pelouse non conforme, dispositifs de sécurité insuffisants, absence d’équipements médicaux adaptés et installations sanitaires défectueuses. Des manquements que le ministère de tutelle, pourtant doté de millions de dollars, n’a jamais réussi à corriger. Des millions engloutis dans des rénovations fantômes, des campagnes de visibilité et des projets médiatiques qui n’ont jamais permis au Congo de briller réellement sur la scène internationale.
Sportivement, les conséquences sont immédiates et sévères. L’AS Maniema Union ne pourra plus accueillir ses matchs de Coupe de la Confédération au Stade des Martyrs. D’autres clubs, comme le FC Saint-Éloi Lupopo, devront se résoudre à délocaliser leurs rencontres à Lubumbashi, si la CAF leur en donne l’autorisation.
Cette humiliation continentale n’est pas un simple incident : elle illustre l’échec systémique des autorités congolaises à investir intelligemment dans le sport national. Alors que le pays ambitionne d’organiser la CAN 2029, aucune infrastructure ne répond encore aux standards internationaux. Le constat est cruel : des millions dépensés pour des visibilités nulles à l’étranger, et des stades incapables de garantir la sécurité et le confort des joueurs et spectateurs. Kinshasa paie aujourd’hui le prix de sa gestion erratique et de ses priorités mal orientées.
About The Author
En savoir plus sur L'ESSENTIEL RDC
Subscribe to get the latest posts sent to your email.