
Le Lac Kivu, joyau naturel partagé entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, est aujourd’hui menacé. Autrefois reconnu pour sa beauté et sa richesse écologique, il se transforme peu à peu en un vaste dépotoir à ciel ouvert. Cette dégradation massive soulève des questions sur la responsabilité collective et le manque de gestion publique. Comment a-t-on pu en arriver là ?
Selon les habitants de Bukavu, « chaque jour, on voit des sacs plastiques flotter sur l’eau, et les déchets ménagers sont jetés directement dans le lac. C’est devenu normal pour beaucoup », déplore Marie, mère de famille vivant sur la rive congolaise.
Cette réalité choque mais reflète un problème bien plus profond : le déficit de structures de collecte et de traitement des déchets dans la ville et ses environs.
Les experts pointent également du doigt la responsabilité des gestionnaires locaux. « Il y a des lois, mais elles ne sont presque jamais appliquées. Les budgets alloués à la gestion des déchets restent insuffisants », explique Jean-Pierre, ingénieur en environnement. Ce manque de suivi et d’investissement contribue à la pollution progressive du lac, mettant en danger la biodiversité et la santé des populations riveraines.
Mais la responsabilité ne repose pas uniquement sur les institutions publiques. La population a aussi un rôle crucial à jouer.
« Nous avons tous participé, volontairement ou non, à cette détérioration. Chaque sachet plastique jeté dans le lac est une part de notre négligence », témoigne André, commerçant local. Cette conscience collective est essentielle pour inverser la tendance et adopter de meilleures pratiques environnementales.
Les conséquences de cette pollution sont déjà visibles. Le lac Kivu, source de pêche et d’eau potable pour des milliers de personnes, voit sa faune diminuer et sa qualité d’eau se dégrader.
« Nous avons peur pour nos enfants, car l’eau devient de moins en moins sûre », s’inquiète Fatou, habitante d’un village riverain. La situation pose un défi urgent : comment concilier les besoins économiques et le respect de l’environnement ?
Pour restaurer le lac, les solutions existent mais nécessitent un engagement collectif. L’instauration d’un système efficace de collecte des déchets, l’éducation environnementale et le renforcement des sanctions contre les pollueurs sont autant de mesures indispensables. Comme le rappelle Jean-Pierre : « Si chacun fait sa part, même petit, l’impact sera immense. Mais il faut que les autorités montrent l’exemple et accompagnent la population. »
Le Lac Kivu n’est pas irrémédiablement perdu, mais son avenir dépend de la capacité des Congolais à agir de manière responsable et coordonnée. Il ne s’agit plus seulement d’un problème écologique, mais d’une question de survie et de dignité pour les communautés qui vivent autour de ce joyau africain.
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