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Alors que la RDC continue de subir les affres de la guerre, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu où l’État peine à imposer son autorité, Kinshasa promet un « développement local » ambitieux. Mais comment parler de transformation et de projets structurants quand des milliers de congolais vivent quotidiennement sous la menace des groupes armés et de l’insécurité ? Le message du Président Félix Tshisekedi à son gouvernement soulève plus de questions que de certitudes.

Le Président a appelé, à l’aube de 2026, à accélérer la mise en œuvre du Programme de développement local de 145 territoires (PDL-145T). Sur papier, tout est parfait : des infrastructures modernes, une agriculture revitalisée, une fonction publique efficiente.

La contradiction est flagrante : les plans de Kinshasa semblent déconnectés de la réalité vécue par les congolais au Nord et Sud-Kivu.

La tension entre la communication officielle et la vie réelle des citoyens met en lumière un décalage inquiétant. Kinshasa parle de « mobilisation gouvernementale » et de « résultats visibles », mais pour qui ces résultats seraient-ils visibles ?

La stratégie présidentielle semble également ignorer le contrôle effectif des territoires. Selon plusieurs observateurs, une partie significative du Nord-Kivu et du Sud-Kivu échappe à Kinshasa. Jean-Baptiste, analyste politique à Bukavu, dénonce : « On ne peut pas bâtir un programme de développement dans des zones où l’État n’a même pas de présence sécurisée. Ces discours sont déconnectés et risquent de créer de fausses attentes ». La crise sécuritaire, loin d’être un simple détail, conditionne tout succès économique et social.

Malgré les ambitions affichées, le scepticisme des populations est palpable. Dans un café de Goma, un jeune entrepreneur lance : « Chaque année, ils promettent des projets, chaque année, on attend et on reste au même point. Où sont les résultats concrets ? Les gens ont besoin de sécurité avant tout. » Les appels à la relance économique et au développement local résonnent donc comme un écho vide face à l’urgence de protection et de stabilité.

En définitive, le message du Chef de l’État révèle un fossé préoccupant entre la capitale et les territoires. Alors que Kinshasa parle de « transformation socio-économique », des milliers de Congolais continuent de subir la guerre, l’absence d’État et la misère. L’heure n’est plus aux discours, mais à l’action tangible sur le terrain. Comme le résume Patrice, un enseignant du Sud-Kivu : « Les promesses de développement ne nourrissent pas les enfants ni ne protègent les villages ».

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