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Chaque samedi matin, Bukavu ralentit volontairement son rythme pour laisser place à un geste citoyen devenu symbolique : le Salongo. De 8h à 11h, marchés, boutiques, supermarchés, transports et même la circulation pédestre marquent une pause. Pendant ces trois heures, la population se mobilise pour assainir son cadre de vie, en nettoyant les avenues, rues, ruelles et parcelles. Ce rendez-vous hebdomadaire, autrefois perçu comme une contrainte, s’ancre progressivement dans les esprits comme un devoir collectif et un acte de responsabilité citoyenne.

Le Salongo n’est pas seulement une journée de nettoyage, c’est une école de civisme environnemental. Le curage des caniveaux, le balayage des ordures, l’enlèvement des déchets sur les places publiques et autour des habitations permettent à chacun de comprendre l’importance d’un environnement sain. En participant directement à ces travaux communautaires de proximité, les habitants prennent conscience que la propreté de la ville ne dépend pas uniquement des autorités, mais aussi des gestes quotidiens de chaque citoyen.

Peu à peu, les effets deviennent visibles. Certains quartiers offrent désormais un visage plus propre et plus respirable, avec des caniveaux dégagés et des espaces publics mieux entretenus. Ces efforts collectifs contribuent à réduire les risques d’inondations, la prolifération des maladies liées à l’insalubrité et à améliorer le bien-être général. Le Salongo redonne ainsi à la ville un air de “bonne respiration”, tout en renforçant la solidarité entre voisins.

Cependant, les défis restent énormes. La ville de Bukavu produit environ 898 tonnes de déchets par jour, alors que seulement 7 % sont collectés par les entreprises de gestion des déchets, et à peine 0,3 % sont valorisés. Cette situation pose un sérieux problème environnemental et sanitaire. Dans ce contexte, le Salongo apparaît comme une réponse locale et citoyenne, mais il doit être accompagné de politiques publiques efficaces, d’une meilleure gestion des déchets et d’une sensibilisation continue. En attendant, chaque samedi, Bukavu prouve que le changement commence par l’engagement collectif et les petits gestes répétés.

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