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A woman uses a laptop on April 3, 2019, in Abidjan. – According to the figures of the platform of the fight against cybercrime (PLCC) of the national police, nearly one hundred crooks of the internet, were arrested in 2018 in Ivory Coast, a country known for its scammers on the web, has announced on April 2, 2019 the Ivorian authority of regulation of the telephony. (Photo by ISSOUF SANOGO / AFP)

Au Sud-Kivu, les téléphones portables et les réseaux sociaux sont devenus des espaces d’échanges incontournables pour les adolescents. Mais derrière les écrans, une violence silencieuse progresse : le cyberharcèlement. Moqueries répétées, rumeurs, insultes, diffusion d’images sans consentement ou messages humiliants… Ces agressions numériques laissent des traces profondes sur la santé mentale des jeunes, souvent ignorées par l’entourage.

Contrairement au harcèlement classique, le cyberharcèlement ne s’arrête pas aux portes de l’école. Il suit l’adolescent jusque chez lui, de jour comme de nuit. « Même quand je coupe le téléphone, j’ai l’impression que les messages continuent dans ma tête », confie Aline, 15 ans, élève à Bukavu. Cette pression constante engendre anxiété, perte de confiance en soi, troubles du sommeil et isolement.

Les psychologues scolaires alertent : l’adolescent harcelé peut devenir irritable, se replier sur lui-même, perdre l’envie d’aller à l’école ou voir ses résultats chuter. « Je n’osais plus participer en classe. J’avais peur qu’on se moque de moi », raconte Junior, 16 ans.

Comment reconnaître les signaux d’alerte ?

Parents, enseignants et éducateurs jouent un rôle clé. Certains signes doivent alerter :

  • un changement brusque de comportement ;
  • une peur soudaine d’utiliser le téléphone ou, au contraire, une hypervigilance ;
  • une tristesse persistante, des colères inhabituelles ou un isolement social ;
  • des excuses répétées pour éviter l’école ou les activités habituelles.

« Je faisais semblant d’être malade pour ne pas aller en cours », avoue Grâce, 14 ans. « Les messages circulaient partout, même dans les groupes de la classe ».

Beaucoup d’adolescents gardent le silence par honte ou par peur de représailles. « Je pensais que si je parlais, ça allait empirer », explique Patrick, 17 ans. Pourtant, les spécialistes insistent : parler est la première protection. Se confier à un adulte de confiance, signaler les comptes abusifs, conserver les preuves (captures d’écran) sont des gestes essentiels.

Des jeunes du Sud-Kivu appellent aussi à la responsabilité collective. « Avant de partager ou de commenter, il faut penser à l’impact sur l’autre », souligne Mireille, 16 ans. « Un message peut détruire une journée, parfois plus ».

La lutte contre le cyberharcèlement passe par l’éducation au numérique responsable. Apprendre le respect en ligne, renforcer l’estime de soi, encadrer l’usage des réseaux sociaux et instaurer des espaces d’écoute dans les écoles sont des solutions concrètes. Les autorités éducatives, les parents et les jeunes eux-mêmes doivent agir ensemble pour faire d’Internet un espace sûr.

En définitive, le cyberharcèlement n’est pas un jeu. Ses effets psychologiques sont réels et durables. Le reconnaître tôt, écouter les victimes et agir collectivement peut sauver des parcours scolaires… et des vies.

Au Sud-Kivu, protéger les adolescents en ligne, c’est aussi protéger leur avenir.

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