
À Kabare, l’annonce de la fin des subventions de l’Agence d’Achat des Performances (AAP) au Sud-Kivu a résonné comme un coup de tonnerre dans un ciel déjà assombri par la précarité. Dans les centres de santé publics, l’inquiétude est palpable : la gratuité de la maternité et l’allègement des coûts des soins, jusque-là boucliers fragiles mais vitaux pour les familles démunies, sont aujourd’hui menacés. Pour de nombreuses femmes enceintes et malades sans ressources, cette décision ressemble à une condamnation silencieuse.
Face à cette situation jugée alarmante, la société civile de Kabare monte au créneau. Elle appelle avec insistance au maintien de la gratuité de la maternité et à une réduction effective des coûts des soins dans les structures publiques. « Supprimer ces subventions, c’est exposer directement les populations pauvres à des risques de décès évitables », alerte Barthélemy Mwambusa, rapporteur de la société civile locale. Selon lui, la santé ne peut être traitée comme une marchandise dans un territoire où la majorité vit sous le seuil de pauvreté.
Dans les villages, la colère et la peur se mêlent. Une mère de famille rencontrée près d’un centre de santé témoigne, la voix tremblante : « Si on nous demande de payer pour accoucher, que ferons-nous ? Retourner à la maison et attendre la mort ? ». Un infirmier, sous couvert d’anonymat, redoute déjà les conséquences : « On risque de voir augmenter les accouchements à domicile, les complications et les décès maternels. C’est un recul grave. »
Barthélemy Mwambusa insiste sur la responsabilité des autorités sanitaires et des partenaires : « Nous demandons au gouvernement provincial et à l’AAP de revoir cette décision. La santé des mères et des enfants ne peut pas dépendre des calculs budgétaires. » Pour la société civile, maintenir ces mécanismes de soutien est une question de justice sociale et de dignité humaine.
À Kabare, l’heure est à la mobilisation. Car derrière les chiffres et les annonces administratives, ce sont des vies humaines qui vacillent. Et pour les plus vulnérables, chaque jour sans soins accessibles est un pas de plus vers l’irréparable.
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