
La paix n’est pas une promesse à attendre, c’est une responsabilité à assumer dès maintenant. Au Sud-Kivu, trop de communautés ont vécu trop longtemps sous le poids de la peur, de la méfiance et des tensions répétées. Pourtant, au cœur même de ces épreuves, subsiste une aspiration profonde : celle de vivre ensemble, en sécurité et dans la dignité.
Imaginez un village du Sud-Kivu qui se réveille après des années de tension et de peur. Les rues, longtemps silencieuses, retrouvent leur animation. Les voisins se saluent à nouveau, les enfants rient sans crainte, les marchés reprennent leur souffle. Là où régnaient la méfiance et le soupçon, renaît peu à peu l’espoir. Cette image n’est pas une utopie : elle dessine l’horizon possible de notre région.
La paix ne se décrète pas uniquement autour des tables de négociation ou dans le confort des bureaux feutrés. Elle se construit d’abord dans la vie quotidienne, à travers des gestes simples mais puissants : un pardon accordé, une parole apaisante, une dispute réglée sans violence, une main tendue à celui que l’on regardait hier avec indifférence ou hostilité. La paix commence là où chacun choisit l’humanité plutôt que la rancœur.
Chaque acte de solidarité est une pierre posée sur le chemin de la réconciliation. Partager le peu que l’on a, écouter sans juger, protéger les plus vulnérables, soutenir un voisin en difficulté : autant de graines de paix semées dans nos quartiers et nos villages. Rien n’est insignifiant lorsqu’il s’agit de retisser le lien social brisé par les conflits.
Les initiatives locales en témoignent. Dans plusieurs villages du Sud-Kivu, des comités de médiation citoyens ont permis de résoudre des conflits fonciers, familiaux ou communautaires qui empoisonnaient la coexistence depuis des années. Ces expériences rappellent une vérité essentielle : la paix n’est pas l’affaire exclusive des autorités ou des organisations internationales. Elle est aussi, et surtout, la responsabilité de chaque citoyen.
Construire la paix exige du courage et de la constance. Il faut parfois aller à contre-courant, résister à la tentation de la colère, refuser la vengeance même lorsqu’elle semble légitime. Choisir le dialogue, le compromis et l’écoute demande une force intérieure que notre société doit apprendre à valoriser et à encourager.
Ne remettons pas à demain ce que nous pouvons commencer aujourd’hui. La paix commence maintenant : dans nos maisons, nos écoles, nos marchés et nos lieux de culte. Chaque geste compte, chaque choix pèse. Si nous voulons un avenir apaisé pour le Sud-Kivu, soyons dès aujourd’hui les artisans actifs de cette paix tant espérée.
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