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L’année change, les calendriers se renouvellent, les vœux s’empilent. Pourtant, au-delà des slogans et des promesses recyclées, une inquiétude persiste : et si 2026 ressemblait trop à 2025 ? Dans le vacarme des discours officiels, certaines réalités demeurent obstinément immobiles, comme si le temps politique refusait d’avancer au même rythme que les attentes citoyennes.

Ce qui ne changera pas, d’abord, c’est la gouvernance de l’urgence. Gouverner à coups de réactions tardives, de commissions sans suite et d’annonces sans moyens reste la norme. Les crises sécuritaires, sociales, économiques sont traitées comme des parenthèses, jamais comme des symptômes. On promet des plans, on inaugure des cadres, mais l’exécution se perd dans les couloirs de l’inefficacité et de l’impunité. La planification demeure un luxe, la rigueur un slogan.

Ce qui ne changera pas, ensuite, c’est la distance entre l’État et le citoyen. À Kinshasa comme en provinces, la parole publique parle souvent sur le peuple, rarement avec lui. Les priorités s’énoncent sans consultation, les budgets s’annoncent sans impact visible. Le quotidien sécurité de proximité, pouvoir d’achat, services essentiels reste relégué au second plan, pendant que la communication triomphaliste occupe le devant de la scène.

Ce qui ne changera pas non plus, c’est la confusion des responsabilités. Quand tout le monde parle, personne ne répond. Les échecs se diluent, les succès s’approprient. La reddition des comptes reste sélective, la sanction exceptionnelle. Sans exigence de résultats mesurables ni évaluation indépendante, la performance publique se contente d’intentions, et l’opinion s’épuise.

Enfin, ce qui ne changera pas, si rien n’est corrigé, c’est l’usure de l’espérance. Les citoyens ne demandent pas des miracles ; ils demandent de la cohérence, de la constance et du courage politique. Ils demandent que la loi protège avant de punir, que l’action précède le discours, que le service public serve réellement.

2026 ne sera différent que si l’on accepte de rompre avec ces habitudes. Sinon, l’année nouvelle ne sera qu’un miroir : même décor, mêmes failles, mêmes attentes déçues. Le temps avance, mais sans réforme profonde, le pays, lui, risque de piétiner.

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