
Au Sud-Kivu, les conflits fonciers continuent de freiner le développement et de menacer la paix entre communautés. Ces différends, souvent anciens et complexes, ont des répercussions profondes sur la vie sociale, économique et politique de la province.
Les conflits fonciers représentent aujourd’hui l’un des principaux défis pour la cohabitation pacifique au Sud-Kivu. Des villages entiers sont parfois divisés à cause de litiges autour des terres, exacerbant les tensions entre familles et communautés. Ces différends concernent aussi bien des terres agricoles, essentielles à la subsistance, que des terrains urbains convoités pour des projets immobiliers.
« Il arrive que des voisins se disputent des parcelles depuis plusieurs générations. Parfois, cela dégénère en affrontements violents », témoigne Jocelyn Muvunyi, un habitant de Kabare. Pour lui, ces conflits fragilisent le tissu social et empêchent la mise en place de projets collectifs.
Les causes de ces conflits sont multiples. L’absence de titres de propriété clairs, l’héritage coutumier et la pression démographique sont autant de facteurs qui entretiennent la rivalité autour des terres. Selon Marie-Louise K., experte en gestion foncière, « la combinaison d’une législation foncière complexe et de pratiques coutumières non codifiées crée un terrain fertile pour les litiges. Sans mécanismes de médiation efficaces, les conflits s’enveniment rapidement. »
Ces disputes ont également un impact sur la sécurité et le développement économique. Les agriculteurs se sentent souvent menacés et hésitent à investir dans leurs champs, ce qui réduit les rendements et aggrave la pauvreté. Patrick, un jeune agriculteur de Walungu, confie : « J’ai perdu deux hectares de ma famille à cause d’un conflit avec des voisins. Aujourd’hui, j’ai peur de planter trop, car je pourrais tout perdre. »
Face à cette situation, les autorités locales et la société civile tentent de promouvoir la médiation et la sensibilisation. Des programmes de sensibilisation sur les droits fonciers et la cohabitation pacifique ont été mis en place dans plusieurs territoires. Selon la société civile locale : « Il est crucial d’apprendre aux communautés à dialoguer et à trouver des solutions avant que le conflit ne devienne violent. La paix commence par la compréhension et le respect mutuel. »
Enfin, la prévention des conflits fonciers nécessite une meilleure organisation de la propriété foncière, la clarification des droits et un renforcement des mécanismes de règlement amiable. Sans ces mesures, le Sud-Kivu risque de continuer à subir des tensions récurrentes, freinant le développement et la cohabitation pacifique entre ses habitants.
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