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La victoire du Sénégal (1-0) face au Maroc en finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 aurait dû rester un fait strictement sportif, symbole de la réussite des Lions de la Teranga au terme d’un parcours maîtrisé. Pourtant, au-delà du terrain, la défaite des Lions de l’Atlas continue de susciter une vive controverse. Selon une information publiée par le site d’information sénégalais Senego.com, la polémique s’est désormais invitée jusque dans l’arène politique marocaine, à la suite de déclarations pour le moins virulentes d’un député.

D’après Senego.com, lors d’une session parlementaire, cet élu marocain a publiquement réclamé l’ouverture de poursuites judiciaires contre l’arbitre congolais Jean-Jacques Ndala, l’accusant de « graves manquements » et évoquant une possible « collusion » ayant, selon lui, influencé l’issue de la rencontre. Ces propos, largement relayés sur les réseaux sociaux, ont rapidement dépassé le cadre du débat sportif, nourrissant suspicions et tensions dans l’opinion publique, bien loin de l’esprit de fair-play que prône le football.

Plus surprenant encore, toujours selon le média sénégalais, le député est allé jusqu’à suggérer l’existence de pratiques mystiques du côté sénégalais, s’appuyant notamment sur l’interruption temporaire du match après un penalty controversé. Une sortie jugée « excessive et irresponsable » par plusieurs observateurs du football africain. « Il est légitime d’analyser des décisions arbitrales, mais convoquer la justice pénale et invoquer le mysticisme sans preuves formelles constitue une dérive grave », estime un analyste sportif ouest-africain, rappelant que les instances de la CAF disposent de mécanismes précis pour évaluer l’arbitrage.

Dans les milieux journalistiques et au sein de la société civile africaine, les réactions se veulent polies mais fermes. « Mettre publiquement en cause l’intégrité d’un arbitre africain sans conclusions officielles des instances compétentes fragilise non seulement l’homme, mais aussi la crédibilité du football continental », souligne un journaliste sportif. Pour lui, « les responsables politiques ont la responsabilité d’apaiser les tensions et de préserver l’esprit de fraternité africaine que le sport est censé incarner ».

En définitive, cette affaire rappelle combien la frontière entre passion sportive et responsabilité politique peut parfois être franchie. Si la défaite reste douloureuse, surtout après des décennies d’attente d’un sacre continental, elle ne saurait justifier des accusations graves et non étayées. Le football africain gagnerait davantage à se renforcer par des réformes, de la pédagogie et du respect mutuel, plutôt que par des polémiques qui risquent d’éroder la confiance dans ses institutions.

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