
À Bukavu, le plastique fait partie intégrante du quotidien. Des sachets d’eau aux emballages alimentaires, en passant par les bouteilles jetables, il accompagne presque chaque geste de la vie urbaine. Pourtant, dans une ville bordée par le lac Kivu et traversée par de nombreux ruisseaux, la pollution plastique devient un défi environnemental et sanitaire majeur. Face à cette réalité, une question se pose avec insistance : peut-on réellement vivre sans plastique au quotidien à Bukavu ? Experts et habitants livrent leurs analyses et expériences.
Pour les spécialistes de l’environnement, Bukavu paie aujourd’hui le prix d’une consommation non maîtrisée du plastique.
« Les déchets plastiques bouchent les caniveaux, polluent le lac Kivu et favorisent les inondations en saison des pluies », alerte un expert local en gestion des déchets. Il souligne également les risques sanitaires liés à la combustion des plastiques, une pratique courante dans plusieurs quartiers.
Selon lui, le problème n’est pas uniquement l’usage du plastique, mais surtout l’absence d’un système efficace de collecte et de recyclage.
Les experts s’accordent à dire que vivre totalement sans plastique reste difficile, mais réduire fortement sa consommation est possible, même dans un contexte urbain comme Bukavu.
« Il faut commencer par les plastiques à usage unique : sachets, gobelets, pailles », explique une spécialiste en éducation environnementale.
Parmi les solutions simples et locales proposées :
- remplacer les sachets plastiques par des paniers traditionnels ou des sacs en tissu ;
- utiliser des gourdes réutilisables pour l’eau ;
- privilégier les emballages en papier, en feuilles ou en contenants réutilisables sur les marchés ;
- réutiliser les bouteilles et bidons au lieu de les jeter systématiquement.
Les habitants témoignent : entre habitudes et prise de conscience
Sur les marchés de Kadutu, Bagira et d’Ibanda, les habitants reconnaissent les défis, mais aussi la nécessité du changement.
« Le plastique est pratique, surtout pour vendre rapidement. Mais après, ce sont nos rues qui en souffrent », confie un commerçant.
Une mère de famille partage son expérience :
« J’ai commencé à aller au marché avec mon panier. Les enfants s’y sont habitués, et on utilise moins de sachets à la maison. »
Ces témoignages traduisent une volonté progressive de modifier les comportements, malgré les contraintes économiques.
Des initiatives locales porteuses d’espoir
À Bukavu, des jeunes entrepreneurs et des associations environnementales s’investissent déjà dans des alternatives au plastique. Fabrication de sacs réutilisables, recyclage artisanal, campagnes de salubrité : autant d’actions qui montrent que le changement peut venir de la base.
« Les solutions locales sont les plus durables, car elles tiennent compte de nos réalités », estime un acteur de la société civile.
Les experts appellent également les autorités locales à soutenir ces initiatives par des politiques incitatives et des campagnes de sensibilisation continues.
Un engagement collectif pour préserver Bukavu
Vivre sans plastique au quotidien à Bukavu n’est pas une illusion, mais un processus progressif qui commence par de petits gestes. Experts et habitants s’accordent : réduire le plastique, c’est protéger le lac Kivu, améliorer la salubrité urbaine et préserver la santé des populations.
Au-delà d’un simple changement d’habitudes, c’est un choix de société qui s’impose pour que Bukavu reste une ville vivable, aujourd’hui et demain.
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