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Une grippe précoce et particulièrement tenace s’est installée à Bukavu, gagnant rapidement toutes les communes. Dans les pharmacies et officines pharmaceutiques, la même scène se répète : achat des médicaments liés à la grippe, maux de tête, toux, malaria. Des voix affaiblies, regards fatigués. Hommes, femmes, jeunes et personnes âgées sont touchés sans distinction.

Depuis plusieurs jours, la grippe circule intensément à Bukavu, transformant le quotidien de milliers d’habitants en véritable parcours du combattant. Nos reporters, en ronde mardi dans plusieurs pharmacies de la ville, ont constaté une affluence inhabituelle. « C’est une vraie galère, je ne dors plus depuis trois nuits », lâche un patient, le visage marqué par la fièvre, venu chercher un soulagement à ses maux de tête persistants.

Dans les officines pharmaceutiques, les mêmes symptômes reviennent comme un refrain inquiétant : écoulement nasal, toux sèche, courbatures, fatigue extrême, fièvre et perte d’appétit. « J’ai l’impression que tout mon corps me lâche en même temps », confie une mère de famille, la voix cassée, serrant son ordonnance contre elle. La grippe ne choisit pas ses victimes et frappe toutes les tranches d’âge, accentuant le sentiment d’impuissance.

Les pharmaciens, en première ligne, font face à une pression constante. « Depuis une semaine, nous recevons deux à trois fois plus de malades que d’habitude », explique un pharmacien de la commune d’Ibanda, débordé derrière son comptoir. Les stocks de certains médicaments sont mis à rude épreuve, tandis que les conseils de prudence se multiplient pour éviter une propagation encore plus large.

Rencontré devant une officine, un spécialiste de la santé, ayant requis l’anonymat, évoque une grippe saisonnière favorisée par plusieurs facteurs environnementaux. « Ce que nous observons est typique d’une grippe liée aux changements climatiques et aux conditions de vie actuelles », affirme-t-il, soulignant que la promiscuité et les variations de température jouent un rôle clé dans cette flambée.

Face à cette situation, les recommandations sanitaires restent inchangées mais cruciales. « Les gestes barrières sont nos meilleures armes : se laver régulièrement les mains et éviter les contacts rapprochés avec les personnes malades », insiste le spécialiste. Dans les quartiers de Bukavu, la prudence devient un réflexe vital, alors que la ville espère voir cette vague de grippe s’essouffler aussi vite qu’elle est apparue.

En attendant, Bukavu retient son souffle. « On prie juste pour que ça passe vite », murmure un jeune étudiant, grelottant sur un banc de pharmacie. Entre inquiétude et résilience, la ville fait face à cette épreuve sanitaire, rappelant l’urgence d’une vigilance collective pour freiner la propagation de la grippe dans toutes les communes.

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