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La polémique éclate à la Radio-télévision nationale congolaise (RTNC) après la diffusion, le 27 décembre dernier, d’un discours du porte-parole des FARDC jugé stigmatisant envers la communauté tutsie. Face à l’indignation nationale et internationale, le directeur des informations par intérim, Oscar Mbal Kahji, est suspendu, tandis que le général Sylvain Ekenge Efomi est également sanctionné par l’armée.

Le lundi 29 décembre restera gravé dans la mémoire de la RTNC. Le Directeur général de la chaîne publique a annoncé la suspension du directeur des informations par intérim, M. Oscar Mbal Kahji. Cette mesure fait suite à la diffusion d’une intervention controversée du général Sylvain Ekenge Efomi, porte-parole des Forces armées de la RDC, lors de l’émission « Plateau spécial ». Les propos du général, perçus comme stigmatisants envers la communauté tutsie, ont provoqué un tollé immédiat dans les médias et sur les réseaux sociaux.

« C’est inacceptable qu’une télévision publique puisse relayer ce type de discours. Cela divise le pays au lieu de l’unir », s’indigne Jean-Pierre Mukendi, militant des droits humains à Kinshasa.

Selon le communiqué de la RTNC, cette suspension vise à garantir le respect de l’éthique journalistique et à permettre une enquête interne. « Nous devons situer les responsabilités dans le traitement de cette émission. La RTNC est un service public qui se doit de promouvoir l’information responsable et la paix sociale », a précisé la direction de la chaîne. Ce geste intervient dans un contexte où le pays est très sensible aux questions identitaires et ethniques.

Le général Sylvain Ekenge Efomi, au cœur de la polémique, a lui aussi été suspendu de ses fonctions par le Chef d’état-major général des FARDC.

Sur les réseaux sociaux, les réactions se multiplient. « Enfin une mesure qui montre que personne n’est au-dessus de la loi, pas même dans les médias d’État », écrit une internaute. Un autre ajoute : « Mais pourquoi ces propos ont-ils été diffusés sans filtre ? Il faut des journalistes responsables. » Les débats se poursuivent, révélant l’inquiétude des citoyens quant à la responsabilité des médias dans la formation de l’opinion.

Dans les rues de Kinshasa, les habitants expriment eux aussi leur désarroi. « La télévision publique doit rassembler et informer, pas semer la haine. Ces propos sont dangereux », témoigne une commerçante du centre-ville. Pour beaucoup, cette affaire rappelle l’importance d’une information rigoureuse et respectueuse des différentes communautés, dans un pays où la mémoire des conflits reste vive.

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