
Ce qui n’était qu’un conflit local aux confins du Mai-Ndombe s’est mué en une crise sécuritaire majeure. À l’ouest de la République démocratique du Congo, la rébellion Mobondo gagne du terrain, s’organise et inquiète désormais aux portes mêmes de Kinshasa. L’armée alerte, les populations tremblent et les autorités sont appelées à réagir avant que l’embrasement ne touche le cœur du pouvoir.
Née d’un différend foncier entre les communautés Teke et Yaka dans le territoire de Kwamouth, la violence a changé de visage. Les Forces armées de la RDC (FARDC) ne parlent plus d’une simple milice communautaire, mais d’une rébellion structurée, aux ramifications troublantes. « Ce que nous affrontons aujourd’hui dépasse largement un conflit coutumier », confie un officier supérieur basé à Kikwit. Une lecture alarmante, alors que le pays reste déjà sous pression avec l’insécurité persistante à l’est.
Le 28 décembre, à Kikwit, le capitaine Anthony Mwalushay, porte-parole des opérations militaires à l’ouest, a jeté un pavé dans la mare. Devant la presse, il a évoqué des révélations issues des interrogatoires de combattants capturés. « Les capturés que nous avons interrogés ont cité certains noms. Nos services enquêtent avant toute communication officielle », a-t-il déclaré, avant d’ajouter d’un ton ferme : « Si certains politiciens continuent à souffler sur les braises pour leurs intérêts, nous, militaires, ferons notre travail avec les armes. »
Sur le terrain, la tension est palpable et le sang continue de couler. Dans la localité de Bolingo, à quelques kilomètres seulement de Kinshasa, de violents affrontements ont été signalés. Le bilan provisoire fait état d’au moins quinze combattants Mobondo tués et de cinq soldats FARDC tombés. Un habitant témoigne, la voix nouée : « Nous n’avons jamais vécu une telle peur. La guerre est maintenant à côté de nos maisons. » Pour un autre riverain, « voir des armes et des corps si près de la capitale, c’est un choc national ».
Au sein de l’armée, l’inquiétude est assumée et le message sans détour. « La menace sécuritaire n’est pas seulement à l’est, elle est aussi à l’ouest », martèle un cadre des FARDC. Un analyste sécuritaire renchérit : « Si l’État ne réagit pas rapidement, Kinshasa pourrait devenir le prochain théâtre d’instabilité armée. » Des propos qui renforcent la gravité de la situation et l’urgence d’une réponse coordonnée.
Face à cette avancée inquiétante des rebelles Mobondo, le gouvernement est désormais sous pression. Renforcer le dispositif sécuritaire autour de Kinshasa, accélérer les enquêtes annoncées et couper toute chaîne de soutien deviennent des priorités absolues. « Il en va de la stabilité nationale », avertit un responsable local. Reste à savoir si les alertes de l’armée se traduiront par des actions concrètes, ou si elles resteront de simples mises en garde dans un pays déjà au bord de la saturation sécuritaire.
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