
2025 s’achève sans surprise, mais avec amertume. Comme elle a commencé, elle se termine dans la confusion, l’angoisse et l’incertitude. La République démocratique du Congo reste engluée dans une crise multidimensionnelle qui ronge l’État et épuise les citoyens. À Kinshasa comme dans les provinces, l’espoir promis s’est dilué dans les querelles politiques, l’inefficacité institutionnelle et l’incapacité chronique à répondre aux urgences vitales de la population.
Sur le plan politique, le pays donne l’image d’un pouvoir plus préoccupé par sa survie que par la cohésion nationale. Les institutions se neutralisent au lieu de se compléter, les discours remplacent l’action, et les réformes annoncées restent lettres mortes. Le climat de méfiance s’est installé durablement entre gouvernants et gouvernés, alimenté par des décisions perçues comme unilatérales, une justice à géométrie variable et un dialogue politique réduit à des slogans creux. La démocratie congolaise avance à pas comptés, freinée par ses propres acteurs.
Économiquement, la RDC de 2025 est celle de la vie chère, de la monnaie fragile et du panier de la ménagère vidé. Malgré l’immensité de ses ressources, le pays peine à transformer son potentiel en bien-être collectif. Le chômage des jeunes explose, les salaires stagnent, les entreprises locales suffoquent et l’informel devient la seule planche de salut pour des millions de familles. L’État, incapable de protéger le pouvoir d’achat, semble regarder ailleurs pendant que la pauvreté gagne du terrain.
Socialement, le malaise est profond. Les hôpitaux manquent de tout, les écoles survivent grâce aux sacrifices des parents, et les services sociaux sont abandonnés à eux-mêmes. Les grèves à répétition, les protestations populaires et la montée du désespoir traduisent un ras-le-bol généralisé. En 2025, être Congolais, c’est encore lutter pour l’essentiel : se soigner, se nourrir, se déplacer et vivre dignement.
Mais c’est sur le plan sécuritaire que l’échec est le plus criant. À l’Est, les armes parlent toujours plus fort que la République. Les groupes armés prospèrent, les déplacés s’entassent, et Kinshasa peine à convoquer le dialogue national inclusif. Les promesses de paix se succèdent sans résultats durables, donnant l’impression d’un éternel recommencement.
Ainsi, 2025 se ferme comme elle s’est ouverte : sur un constat d’échec collectif. La RDC n’est pas en manque de solutions, mais de volonté politique, de courage et de responsabilité. Tant que les dirigeants refuseront de regarder la réalité en face et de placer l’intérêt général au-dessus des calculs personnels, les années se suivront et se ressembleront. Et le peuple congolais continuera de payer, au prix fort, le coût d’un État qui tarde à se mettre au service de sa nation.
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