
En l’espace de quelques semaines, la frontière burundaise est devenue un refuge pour des dizaines de milliers de civils chassés par la violence persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo. Fuyant les combats meurtriers au Sud-Kivu, plus de 100 000 personnes ont traversé la frontière depuis début décembre, dessinant l’un des mouvements de population les plus préoccupants de cette fin d’année dans la région des Grands Lacs.
Depuis le 5 décembre, le Burundi fait face à un afflux humain d’une ampleur exceptionnelle en provenance de la RDC. Selon les agences humanitaires des Nations Unies, plus de 100 000 réfugiés congolais et rapatriés burundais ont trouvé asile sur le territoire burundais en moins d’un mois. Une situation qui témoigne de la dégradation rapide du climat sécuritaire dans l’Est congolais, particulièrement dans la province du Sud-Kivu.
Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) tire la sonnette d’alarme. Les violents affrontements enregistrés autour de Kamanyola, Luvungi, Katogota et Uvira ont contraint des familles entières à abandonner leurs maisons, souvent dans la précipitation et sans le moindre bien. Ces civils, majoritairement femmes et enfants, franchissent la frontière dans l’espoir d’échapper aux balles et à la peur omniprésente.
Les points d’entrée de Buganda, Gatumba et Rumonge sont devenus, en quelques jours, des lieux de passage saturés. Les chiffres communiqués font état de plus de 101 000 arrivées, dont environ 90 000 réfugiés congolais et près de 11 000 Burundais qui vivaient jusque-là en RDC et rentrent au pays dans un contexte de crise. Face à cette pression humaine, les autorités et les humanitaires s’efforcent de gérer l’urgence.
Pour désengorger les zones frontalières, plus de 62 000 personnes ont déjà été transférées vers le site de Busum, aménagé en urgence. Mais les besoins restent immenses. « Un système de comptage est en place pour suivre les mouvements, mais la tendance actuelle montre une situation qui s’aggrave et qui exige une mobilisation rapide pour l’enregistrement et l’assistance », prévient le HCR. À l’heure où l’exode se poursuit, la crise humanitaire s’installe durablement, rappelant une fois de plus le lourd tribut payé par les civils dans les conflits de l’Est congolais.
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