
Les premières données d’un rapport provisoire révèlent une montée inquiétante des violences sexuelles, physiques et numériques dans l’ensemble du Sud-Kivu. Entre janvier et novembre 2025, 66 cas de violences sexuelles ont été documentés, touchant gravement les mineures, les femmes et même des nourrissons.
Présenté le 25 novembre 2025 à Bukavu, le rapport provisoire intitulé « Quand la guerre ne s’arrête pas dans la vie des femmes et filles au Sud-Kivu » dresse un tableau sombre de la situation sécuritaire et sociale dans la province. Porté par un consortium de douze organisations, ce monitoring couvre la période de janvier à novembre 2025 et s’intéresse à trois formes majeures d’abus : les violences sexuelles, les violences physiques et les violences numériques, lesquelles touchent des femmes et des filles dans l’ensemble des territoires du Sud-Kivu.
D’après les données provisoires, 66 cas de violences sexuelles ont été recensés sur la période observée. Les victimes incluent 27 mineures de moins de 17 ans, 12 jeunes femmes de 18 à 24 ans, 25 femmes adultes, ainsi que 2 nourrissons âgés de moins de 3 ans. Les auteurs présumés sont principalement des groupes armés, des éléments des FARDC, mais aussi des civils profitant du chaos sécuritaire. Le rapport pointe particulièrement l’augmentation des viols collectifs, des violences sexuelles associées à la torture, ainsi que des agressions commises lors de déplacements quotidiens vers les champs, les marchés ou sur les routes.
En parallèle des violences sexuelles, le consortium indique avoir enregistré 20 cas de violences physiques durant la même période. Parmi ces victimes figurent 13 femmes adultes, 4 jeunes filles, 2 femmes âgées souvent accusées de sorcellerie, ainsi qu’un enfant. Les auteurs varient : groupes armés, forces de sécurité, partenaires intimes, mais aussi membres des communautés dans un contexte où les violences domestiques et les lynchages liés aux accusations de sorcellerie connaissent une hausse inquiétante.
Plusieurs tendances majeures se dégagent de ce rapport provisoire. L’impunité demeure marquée : certains auteurs, plutôt que d’être traduits en justice, sont parfois renvoyés dans leurs groupes armés. Les mineures constituent la majorité des victimes, représentant 55 % des cas documentés. Les zones contrôlées par des groupes armés apparaissent comme des foyers de graves violations, incluant arrestations arbitraires et disparitions. À cela s’ajoutent des violences exacerbées par la pauvreté, la famine et le recours au sex-for-food. Enfin, un silence social persistant empêche souvent la dénonciation, les victimes et témoins craignant des représailles.
Le consortium de monitoring annonce que le rapport final sera rendu public à la fin du mois de novembre 2025. Ces données provisoires, déjà alarmantes, mettent en lumière l’ampleur des violences persistantes dans le contexte de guerre au Sud-Kivu. Elles rappellent l’urgence d’un engagement renforcé pour la protection des femmes et des filles, la lutte contre l’impunité et la mise en place de mécanismes de prévention efficaces dans toutes les zones affectées.
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