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Dans le territoire de Shabunda, au cœur du Sud-Kivu, les récentes pluies diluviennes ont tout ravagé sur leur passage. Plus de cent familles se retrouvent sans abri, sans eau potable, sans nourriture, et menacées par les maladies. Entre maisons arrachées, écoles éventrées et églises effondrées, les autorités locales tirent la sonnette d’alarme et demandent une aide urgente. Les témoignages poignants des victimes dressent le tableau d’une catastrophe humanitaire qui s’aggrave d’heure en heure.

Au lendemain des intempéries qui ont frappé Shabunda-centre, les habitants peinent encore à trouver leurs mots face au chaos laissé par les vents violents. Les pluies, d’une rare intensité, ont renversé maisons, tôles et espoirs. « Nous avons tout perdu en quelques minutes », témoigne avec émotion Mama Furaha, une mère de six enfants qui passe désormais ses nuits à la belle étoile. Son récit n’est qu’un fragment de la détresse collective qui ronge le territoire.

Les infrastructures sociales n’ont pas été épargnées. Plusieurs écoles ont vu leurs toitures arrachées, laissant les salles de classe transformées en ruines. Les églises, refuges habituels en temps de crise, se sont elles aussi écroulées. « Nous ne savons même plus où nous réfugier, ni comment protéger nos enfants », confie un enseignant de l’École Primaire de Kadutu, désorienté devant les décombres. Cette destruction simultanée des lieux d’éducation et de culte accentue la vulnérabilité d’une population déjà éprouvée.

Face à la gravité de la situation, l’administrateur intérimaire du territoire, Raphaël Muzalia Konga Konga, alerte la communauté nationale et internationale. « La situation dépasse nos capacités locales. Nous avons besoin d’une intervention rapide », déclare-t-il. Selon lui, plus de 100 familles survivent sans abri, exposées aux intempéries, faute de tentes, de vivres ou de médicaments. Les risques de maladies hydriques augmentent à chaque nouvelle heure.

Sur le terrain, les victimes improvisent des solutions de survie, souvent insuffisantes. Les rivières débordées rendent l’eau impropre à la consommation, et aucun centre de santé n’a la capacité de faire face à un afflux massif de patients. « Nous buvons l’eau de pluie parce que nous n’avons pas le choix », avoue un jeune père, les yeux fatigués. La menace d’épidémies plane dangereusement sur les familles déplacées.

Alors que les jours passent, la résilience des habitants s’effrite. Ils ne réclament pas des miracles, mais des gestes urgents : couvertures, nourriture, bâches, médicaments. « Nous sommes abandonnés, personne ne nous entend », clame une femme âgée, assise sur les restes de ce qui fut sa maison. Ce cri, partagé par des dizaines de familles, résonne comme un appel du cœur aux autorités, aux ONG, et à toute personne capable d’agir.

Dans ce décor de désolation, un espoir persiste : celui que cette tragédie ne passe pas sous silence. L’avenir de Shabunda dépend désormais de la rapidité de l’aide qui arrivera et de la solidarité qui se mobilisera. Car derrière chaque maison détruite se cache une famille, et derrière chaque appel à l’aide, une vie suspendue.

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